Esparbec, le dernier des pornographes

Publié le 7 juin 2008 par Jerome 

Erotomane de caractère, Esparbec est le pornographe le plus vendu en FRANCE.
Un pornographe ne peut-il échapper à l’enfer du second rayon ou à l’étal de la boucherie sous cellophane?
Pourquoi n’y aurait-il pas de bons pornos comme il y a de bons polars, de bons SF?
Jean-Jacques Pauvert, Wiaz, Wolinski, Delfeil de Ton, Virginie Despentes, François George, le Dr William Regelson et bien d’autres apprécient son style direct, cru, viscéral.
Loin des contorsions du pseudo-artistiques, du porno tout terrain ou du hard Harlequin, Esparbec signe une oeuvre singulière, subversive. Plus que du porno, ce maître du genre aime l’obscène car le sexe l’est souvent.
Subtilité de la mise en scène, description minutieuse, humour et provocation sont les atouts de cet écrivain, par ailleurs fin lettré et féru de philosophie.

La véritable subversion d’Esparbec n’est-elle pas d’ériger le texte porno en oeuvre littéraire?

Lisez donc ce diable d’homme qui sait ce que les femmes attendent des hommes (et vice-versa) et hennissez de plaisir avec son dernier livre La Jument.

“En fait, nous avons peur du cul. Certes, il s’étale sur les murs, on ne voit que lui ; mais il s’agit d’un cul édulcoré, naturalisé, dénaturé, d’un cul de remplacement, en latex. Le vrai cul, avec ses misères, ses terreurs, ses odeurs pas toujours alléchantes, ses rites grotesques, le cul tel qu’on le pratique dans la vie et non pas les guignolades des vidéocassettes ou des romans mode de jeunes femmes «délurées» ou de partouzeuses sur le retour qui se contentent d’excès verbeux,  voilà le Graal dont je suis en quête. “
Source : La Musardine

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Long Jeanne Silver

Publié le 6 juin 2008 par rico 

Une jeune femme prend son pied et le donne aux autres.

Traduisons en préambule le discours coquin de l’intéressée sur la bande-son du menu : « j’ai une plus grosse queue que John Holmes et Chéri, crois moi, je sais m’en servir ». Tout un programme en effet. Réalisé par Alex DeRenzy en 1977, sous l’apparence grossière d’un documentaire, Long Jeanne met en scène un handicap presque banal dans des situations fort peu banales. La belle Jeanne serait née sans pied gauche (c’est une version médicale que j’ai glané sur internet, alors prudence sur l’origine congénitale avancée d’autant qu’ailleurs, c’est un accident…). Ce qui est vérifiable de visu, c’est l’absence de pied gauche, avec présence d’un moignon à mi-hauteur de la jambe gauche. Voilà pour les présentations. Excellente initiative de nous ressortir ce freakshow associant pornographie et bizarrerie, cerise dont nous sommes tous friands surtout au vu de la quantité industrielle de X formatés. Craignant le pire au vu de ce moignon à la taille somme toute appropriée, des frissons parcourent notre échine incrédule lorsque l’appendice est longuement lubrifié jusqu’à s’introduire dans l’orifice. Orifice féminin ou tout-venant, car le scénariste ne s’arrêtera pas au premier effet choc du membre détourné mais en profitera pour satisfaire hommes et femmes. Les positions et le mouvement sont évidemment atypiques, jusqu’à perturber nos sens de voyeurs, habitués aux balancements de reins. Le mouvement fait ici plus penser à du pédalo qu’au classique ramonage. Sans compter les aptitudes toutes aussi surprenantes de la miss à se masturber nonchalamment avec ce qui lui reste de jambe. Vous avez dit bizarre ? En plan serré, on a la vision d’une trompe d’un éléphanteau (Dumbo, par exemple) en train de fouiner dans un terrier. Question scénar, c’est un peu le vide. Long Jeanne parle souvent à la caméra pour nous expliquer ce qui va se passer. Sur une musique à la CHiPs se succèdent des saynètes, volontiers en trio. La jeannette aime bien faire la surprise à ses futurs partenaires. A y réfléchir de plus près, elle précède les excès de la génétique et s’improvise le temps de quelques X crados, l’hermaphrodite quasi-parfaite. Maquillage bleu blanc rouge (yeux-joues-lèvres) de rigueur et d’époque.
A noter, Long Jeanne fut la copine de Sharon Mitchell et d’Annie Sprinkle.

Critique DVD
Des bonus très sympa. Alpha Blue nous gâte et semble respecter les premières décennies du X.

1/ Une galerie de photos. Long Jeanne y est exposée en long et en large. Certaines photos témoignent d’une activité de shows en live.

2/ Quelques scènes « coupées ». Je n’ai pas trop compris les raccords, mais il y a une scène de sadisme assez violente. Un bon quart d’heure de trash en plus.

3/ 6 trailers, assez longs, ce qui en fait quasiment des courts …
« Prisoner of Pleasure ». Un film de Jack Hammer. On y retrouve notre Long Jeanne, inépuisable.
« Dominatrix without mercy ». Le ton est résolument S.M., avec des scènes de fouet, d’humiliation, d’urologie.
« Hot Summer in the city». Black sex exploitation. Très chaude !
« Story of Joanna » de Gérard Damiano (gorge profonde). Du plan gynéco furieux pour un classique du X.
« Sadistic 70s » un trailer de plusieurs films proches du sujet, parfois teintés d’horreur.
« Teenage lust » pour les amateurs dirons nous pudiquement, d’amours immatures. De jeunes femmes se trémoussent nues devant la caméra. Elles se bisoutent. Vont-elles plus loin ? Avec qui ? Je n’en sais rien. Les archives d’Alpha Blue méritent en tout cas d’être explorées.

Réalisateur : Alex deRenzy
Acteurs : Amber Hunt, Annie Owens, Long Jeanne Silver
Année : 1977
Ecran : 1.33.1 Plein écran
Langue : Anglais
Durée : 65 mn
Region : All
Format : NTSC

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Les 4 amies, chez Tabou Editions

Publié le 23 mai 2008 par rico 

Les 4 amiesNon, je ne suis pas venu vous conter les nouvelles aventures de Fabrice, Belle belle, Toucancan et Pousse moussu, mais vous conseiller une bande dessinée d’un argentin, Atilio GAMBEDOTTI. Apparemment voué à la description des mœurs dépravées d’une jeunesse dont il fait parti, né en 1973, l’auteur livre ici le premier tome d’une série en trois volumes. Il raconte et surtout décrit la quête tortueuse de quatre copines plus ou moins délurées, quête d’un épanouissement sexuel sans cesse réaménagé selon les circonstances (confessions auprès d’un prêtre, viol…).

Ce premier volume est découpé en 6 petites histoires, nous laissant découvrir la spécificité des protagonistes : Marité est une jeune croyante de 18 ans, candide à souhait, d’autant plus excitante que sa foi est mise à l’épreuve du gourdin veineux. Anna, 22 ans et mannequin, est de par sa nymphomanie agressive, en symétrie de Marité qu’elle utilise volontiers comme aphrodisiaque en l’entraînant dans des plans cul. La belle Sybille est sûrement la plus romantique même si ce romantisme est noyé sous l’apparent dédain qu’elle voue au sexe fort. Elle assure par ailleurs la capitainerie d’une équipe de Hockey, discipline au combien connue pour ses virils sportifs, ce qui vous donne un aperçu des ébats. Hélène, enfin, a 19 ans et ne manque pas d’expérience en terme de vénalité mais ses prises de risque l’amènent à payer cher, en monnaie charnelle, sa sécurité. Toutes sont donc impliquées dans des plans plus ou moins glauques et se soutiennent dans les bons et mauvais moments.

Le graphisme est suffisamment réaliste pour compenser la simplicité d’un scénario qui ne s’embarrasse pas d’intrigues superflues susceptibles d’ennuyer le lecteur. Celui-ci aura largement matière à se rincer l’œil, dans des plans violemment hard, dignes des hentai les plus chauds, sans éléments fantastiques ou gores bien sur. Pénétrations hard-cores, utilisations d’objets divers et « douches » conclusives, rares sont les orifices au repos. Cela n’exclut pas quelques sursauts romanesques, mais sans excès exotique, le décor se limitant en une city new-age dans un futur proche. La sexualité des quatre jeunes femmes pouvant facilement s’accompagner d’une prise préalable de pilules extasiantes, c’est l’éclate totale et vous l’aurez compris, une bande dessinée dont la morale et les belles images s’adressent directement aux enfants de plus de 18 ans. Si un Sex in the city version gonzo vous intéressait, laissez-vous tenter. Moi, je convoite les volumes suivants.

Scénario et dessin de Atilio GAMBEDOTTI (auteurs de planches pour le magazine Kiss comix et La poudre aux Rêves, selon l’éditeur).

Editeur : Tabou

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L’érotisme du cinéma Abattoir

Publié le 16 mai 2008 par Jerome 

L\'érotisme de cinéma abattoirJeune éditeur indépendant situé au Québec, Cinéma Abattoir propose un dvd fort original sous forme de compilation de courts-métrages.

Ritualis (de Pat Tremblay) nous plonge dans une pellicule accidentée. Des morceaux de films montrent par bribes un inquiétant rituel. Basé sur les sens, le film propose un montage épileptique et une étonnante variété d’effets visuels. Deux histoires semblent se dérouler en parallèle : le rituel proprement dit et les errances d’une espèce de chevalier au milieu d’un forêt enneigée. De nombreux blasphèmes (crucifix à l’envers) réjouiront les plus satanistes. Côté sexe, on peut apercevoir entre deux images subliminales, une étrange modification corporelle…

Maldoror (de Micki Pellerano et Nate Archer). D’un point de vue esthétique, le film imite le cinéma muet et expressionniste. Sur le fond, on y trouve : un type à l’air fou qui erre dans un cimetière, une sorte de vers monstrueux, une femme à demi-nue revenue d’entre les morts et nommée “Prostituion”. Ce film surréaliste s’inspire des écrits du Comte de Lautréamont, les chants de Maldoror.

Ki (de Karl Lemieux) est un film muet et en noir & blanc mais surtout c’est un film extrêmement granuleux et poussiéreux. A la fois lumineux et sombre, l’auteur propose de parcourir le corps d’une femme avec une caméra antique. Tout est très flou, sans aucun son (même pas de musique ou de bruitage). On croit distinguer ensuite un bout de masturbation puis un extrait de fellation. Difficile de décrypter les intentions de l’auteur si ce n’est faire un essai caméra. L’expérience ne dure que trois minutes.

Ass est un “flicker”, entendez une succession très rapide d’images, qui montre à la fois le cul et le visage d’une jeune femme en train de se faire du bien. Le tout baigne dans une lumière rose. Idéal pour choper une conjonctive à force de se frotter les yeux.

ass

La fin de notre amour (de Hélène Cattet et Bruno Forzani) a été tourné en image par image. Mais point de personnages modelés ici. On y voit un homme travailler sur un livre d’anatomie. Ayant une petite soif, il avale une lame de rasoir avec un verre d’eau. Une femme gantée de noir prend forme à ses côtés. Avec ses éclairages de rouge vif et de bleu, ses gants noirs et ses armes blanches tels des fétiches, le film rappelle immanquablement le giallo, avec une ambiance toutefois plus bizarre. La technique originale est au point, l’acteur est bien expressif, ce qui est nécessaire pour offrir des émotions, l’espace d’une image fixe. La fin de notre amour dérange car on y fait l’amour à l’aide de rasoirs et car il y a des bouts de cervelle sur la table. Bref, tout ce qui est érotique devient ici mortellement dangereux.

Extase de chair brisée de Pierre-Luc Vaillancourt et Frédérick Maheux. Bande son saturée, noir et blanc cradingue, le film conte l’histoire d’une agression et d’un viol aux abords d’une voie ferrée. Les deux malfrats portent d’étranges masques métalliques et se comportent comme des “chiens humains”. Le clip est extrêmement violent, une violence complaisante qui rappelle furieusement les rape and revenge des années 70.

Au choix, Baby doll (réalisé par Serge de Cotret) est amusant ou terrifiant. Un pervers abuse sexuellement d’une poupée sur laquelle il a collé une photo de vagin.

The loneliest little boy in the world de Mike Derenewski. Encore une fois, nous avons un court-métrage avec un noir & blanc bien crasseux. Toujours adapté au sujet puisque nous y voyons une femme faire plus ou moins l’amour à une tête de cochon coupée. Cela donne un bien joli kaléïdoscope d’images dédiées à la nécrozoophilie !

Avec sa bande son rock’n'roll, Paranoid met en scène Anne Hanavan dans une chambre d’hôtel qui s’amuse à se filmer dans un miroir. Expérience esthétique d’abord, la chose fait dans la provoc lorsque la blonde platine commence à se toucher avec un pendentif à l’effigie du christ.

En bonus, d’yeux (Monk Boucher) propose une succession de photomontages étranges sur fond de musiques classiques. Le résultat est un collage assez vulgaire qui brasse culture et pornographie de bas étage.

Quant à Imperatrix Cornicula (Jérôme Bertrand), il est apparemment filmé en 16 mm et montre une femme en train de se caresser avec… une poule, un plumeau, un truc ensanglanté avec des plumes. Et puis soudain, c’est l’attaque des corbeaux. Incompréhensible gloubi-boulga.

Résolument destroy, ce dvd nous offre un érotisme déviant et trash, une compilation bien fournie de courts-métrages très originaux et audacieux.

Site officiel : www.cinema-abattoir.com

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Romance, de Catherine Breillat

Publié le 6 mai 2008 par Jerome 

Catherine Breillat s’interroge sur la sexualité féminine, et notamment son sens profond. Elle met en opposition le visage fin et charmant de son héroïne, interprétée par Caroline Ducey, avec son sexe, zone érogène sombe et humide, quasiment anxiogène. Breillat ne comprend pas pourquoi dans les rapports sexuels, la femme s’en trouve généralement dégradée. En résulte un film rempli de contradictions, les mêmes qui constituent les relations entre hommes et femmes.

Marie, jeune femme délaissée par son compagnon, tente de renouer avec le désir en ayant des expériences sexuelles avec d’autres hommes.

Romance avait créé la polémique à l’époque principalement à cause de la présence de Rocco Siffredi au générique. La plus célèbre star du X, juchée sur sa turgescence titanesque, trouve là un rôle dans un film mainstream : coup de pub ou revirement de carrière ? Le premier assurément lors de la sortie du film. Une fois passé le coup d’éclat, on remarque que Rocco s’en sort en fait plutôt bien. Il confirmera cela en jouant dans un autre film de Catherine Breillat, encore plus cryptique : anatomie de l’enfer.

Mais outre les élucubrations pas toujours claires de la réalisatrice, Romance est avant tout un film rince-l’oeil pour nous, les pervers polymorphes. Ca commence par une mignonne fellation qui ne fait pas beaucoup d’effet sur Sagamore Stevenin, l’interprète du petit ami de Marie.

Breillat dresse un portrait de la sexualité féminine mais cela reste son point de vue très personnel. Marie se complaît alors dans divers comportements déviants. Entre autres, elle devient un sujet de travaux pratiques pour une bande d’étudiants en gynécologie.

Au détour d’une ruelle, elle attire un inconnu dans les escaliers, qui lui fait un cunnilingus suivi d’une blitz-pénétration.

Ensuite, viennent les fantasmes. Une sorte de glory hole inversé où les hommes besogne des corps sans tête. Bref, c’est à chaque fois le même thème : la désincarnation de la femme en tant qu’être humain. Souvent dans ses films, les femmes éprouvent un besoin irrépressible de devenir un objet sexuel.

Plus technique et plus esthétique, Marie va voir son directeur, qui n’est autre qu’un adepte de bondage, des jeux de cordes et de ligotages complexes. L’appartement de l’homme présente des couleurs très chaudes, contrairement à l’appartement de Marie, d’une blancheur immaculée et artificielle. L’amateur de japonaiseries médiévales est joué par l’excellent François Berléand.

La fin du film laisse pantois, un revirement de situation comme seule Breillat sait les faire. Le rythme lent est rompu par une explosion, une naissance et une mort, un grand final au symbolisme fumeux; mais pourquoi pas.

Ci-dessous, la fameuse scène qui fait jaser : la rencontre entre un acteur du X venu jouer à l’acteur et une comédienne venue faire actrice de X… Soi-disant la scène n’était pas simulée. Je demande à voir l’analyse ADN du condom.

Romance X est disponible en dvd chez Montparnasse Editions.

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Tôkyô no ko

Publié le 19 avril 2008 par Jerome 

Fred boot, plus spécialisé dans les arts graphiques, s’est essayé au récit avec ce recueil de deux nouvelles se déroulant dans la capitale du Japon.

La première conte l’histoire d’un homme qui est sur le point de se suicider. Mais au cours d’une dernière nuit d’errance, il va faire la rencontre d’une mystérieuse femme double au cours d’une performance.

La deuxième histoire met en scène un jeune couple qui vient à la rencontre d’un vieux réalisateur de Pinku Eïga. Ce dernier fait alors des avances à la femme.

Le style est fluide, séduisant, suave et c’est surtout l’ambiance de Tôkyô que l’on ressent avec plaisir, notamment dans la première nouvelle. Le plaisir de se perdre, de s’autodétruire dans l’alcool et le sexe. Pourtant, l’érotisme n’est pas au centre des deux récits mais les quelques spécificités nippones ont été très bien assimilées par l’auteur.

 Auto-éditée, cette initiative vaut le détour pour peu que l’on s’intéresse à cet étrange Japon. On regrettera juste que ce soit un peu court.

Extrait :

“L’ambiance ici était bien différente. L’éclairage, plus chaleureux, se confondait avec celui des néons extérieurs.

Plusieurs messieurs dégarnis le regardaient avec suspicion. Pour se donner un peu de contenance, il alluma une Coolmint et se tint coi devant une grande vitre au centre de la pièce. Une forte lumière l’aveuglait, il se déplaça de côté, et vit sur la vitre un sexe de femme géant.

Derrière cette projection se tenait une jeune Japonaise décoiffée, entièrement nue, les mains posées vers l’avant. Tous attendaient.

Enfin, un jet d’urine assez violent coula entre ses jambes. L’image projetée répercuta le débit, troublant les deux fines lèvres couleur rose passé et l’artiste elle-même.

On n’entendait que le bruit léger et insistant de la pisse tombant en cascade sur le sol. Ce pur moment de beauté et d’intimité le bouleversa.

La jeune femme, dont le sexe surdimensionné formait comme une cicatrice qui la séparait en deux, redevint nette. Quelques applaudissements polis se firent entendre. Quelqu’un lui tendit un peignoir dont elle s’habilla pour rejoindre les invités.”

Cliquer ici pour acquérir le recueil au format pdf et sur support papier

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L’attrape-corps d’avril s’intéresse au transgenre

Publié le 1 avril 2008 par Jerome 

Imaginez un monde où les hommes et les femmes feraient des choix sexuels basés sur ce qu’ils aiment et ce dont ils ont envie, et non pas sur ce qu’on leur a dit qu’ils devraient désirer. Un pays où la monogamie ne serait qu’une modalité existentielle possible et non pas une nécessité.

Une ville où les prostituées ne seraient pas clouées au pilori ni leurs lients montrés du doigt. Une famille où les petits garçons n’auraient plus obligation d’être masculins pour devenir des hommes hétérosexuels avec des pénis, et les petites filles féminines pour devenir des femmes hétérosexuelles avec des bébés. Vous n’y aviez jamais pensé ? Pat Califia en a rêvé.
Théoricien majeur des queers studies et de l’identité de genre, Pat Califia a accepté de nous livrer ici un recueil d’articles d’une subversion ébouriffante, extraits de son ouvrage Public Sex, The Culture of Radical Sex (paru aux États-Unis en 2000) et jamais encore traduits en Français. On retrouve dans ce choix de treize textes la quintessence des combats de Califia contre la haine et la discrimination dans l’Amérique puritaine des années 1980 et 1990. Ce qui force l’admiration, c’est que les articles de Califia, parce qu’ils sont sincères et brillants, simples et choquants, drôles et graves, nous atteignent au plus profond de nous, qui que nous soyons et quelle que soit notre orientation sexuelle. Un ouvrage cinglant comme un coup de
fouet et indispensable pour tous ceux qui s’intéressent à la question du sexe et du genre.
Ce recueil d’articles est accompagné d’une préface de Armand Hotimsky, fondateur du CARITIG (Centre d’Aide, de Recherche et d’Information sur la transexualité et l’Identité de Genre).

Patrick Califia (d’abord connu sous le nom de Pat Califia; né en 1954 près de Corpus Christi, Texas) est reconnu comme l’un des plus grands spécialistes de la question du sexe et du genre. C’est aussi un transsexuel bisexuel né de sexe féminin dans une famille mormone.

Source : www.lamusardine.com 

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Maîtresse de Barbet Shroeder

Publié le 22 mars 2008 par Jerome 

Jeune provincial, Olivier recherche l’aventure. Arrivé à Paris, il rejoint Mario qui l’embauche pour faire du porte-à-porte et vendre des livres d’art. En offrant leur service dans un vieil immeuble, ils font ensemble la connaissance d’Ariane. Ils découvrent peu à peu qu’Ariane est une dominatrice professionnelle et qu’elle reçoit des hommes dans un appartement secret pour se livrer à d’étranges mises en scène.
Critique du film :

Maîtresse est l’occasion de retrouver un Depardieu fringant, au mieux de sa forme, débordant d’énergie et incarnant avec un naturel bluffant ce jeune voyou un peu imbécile.Cette période est faste pour l’acteur car c’est aussi à cette époque qu’il a joué dans Buffet Froid (1978) et Les Valseuses (1974), deux chefs d’oeuvre du début de sa carrière.

Avec son film, Barbet Schroeder aborde de front le sado-masochisme. Les présentations sont faites lorsqu’Olivier et son ami pénètrent dans l’appartement secret où se cache un stock impressionnant d’accessoires en tous genres. Loin de se contenter du cliché du fouet, on y découvre aussi une garde-robe à tendance fétichiste en cuir et latex, un masque à gaz, des gadgets vampiriques, des outils de torture dignes de l’Inquisition ainsi que des instruments chirurgicaux.

Voilà déjà l’imagination qui galope, certains accessoires ne pouvant même pas être nommés par le néophyte. Heureusement, le réalisateur nous prend par la main et nous initie progressivement, à l’image d’Olivier, innocent voire simplet qui plonge par amour dans cet univers bizarre. L’étape suivante est la découverte de cet homme enfermé dans une cage et qui est traité par la Maîtresse comme un chien, littéralement. C’est une sorte de “gimp” de Pulp Fiction mais bien avant l’heure. Par ailleurs, Shroeder ne montre pas le SM avec un regard de vilain curieux mais le défend en montrant qu’il est pratiqué dans le cadre de certaines règles tacites et par des gens très bien élevés et psychologiquement stables ! Le spectateur lambda est donc comme Olivier projeté dans un milieu qu’il ne connaît pas et découvre parfois une univers surréaliste, sophistiqué et plus complexe qu’il n’y paraît. En effet, chaque soumis a son rôle et son scénario bien spécifique et il ne s’agit pas simplement de faire mal physiquement à l’autre.

Si l’on évite tout dérapage hard crad, le film n’en reste pas moins explicite et évocateur à plusieurs occasions. On retiendra la séquence mémorable de la fessée ainsi qu’une torture génitale qui met vraiment mal à l’aise, d’autant plus quand l’on sait que les soumis présentés ici sont tous authentiques. Bien sûr, tous les autres aspects soft de la domination sont illustrées : adoration des talons aiguilles, cravache, féminisation, urolagnie, etc.
Barbet Schroeder parvient à faire accepter tout cela car il illustre ses personnages non seulement par leur sexualité mais aussi par leurs sentiments. Le film est donc aussi une comédie romantique. Pour donner la réplique à Depardieu, Bulle Ogier interprète avec naturel la dominatrice ultime, professionnelle, qui répond à toutes les attentes de ses clients. Elle mène une double-vie : frêle et fragile le jour, elle est impitoyable la nuit.

Si Maîtresse a fait scandale à l’époque, le réaliser aujourd’hui serait tout simplement impossible. Le film se pose là en référence SM, décrivant en détail les fonctionnements de comportements souvent vus de façon trop simplistes. Les codes sont clairs, les règles sont bien établies et la transgression rompt la confiance; ce sont des jeux de rôles pour adultes consentants. Enfin, il y est bien sûr question d’explorer ses limites, le film proposant une réflexion que vous serez peut-être prêt à tenter ?

Disponible en dvd chez l’éditeur Carlotta Films.

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CFNM

Publié le 26 février 2008 par Jerome 

Acronyme pour Clothed Female Nude Male, le CFNM est une pratique, un fantasme et une représentation érotique, dérivés du SM section domination féminine. Pour les non anglophones, la définition désigne le fait d’avoir en présence un ou plusieurs hommes nus et une ou plusieurs femmes habillées. Le concept contient donc une bonne dose d’humiliation mais aussi d’exhibitionnisme. En effet quoi de plus rigolo qu’un homme nu avec son machin qui pendouille ?

Les figures habituelles du genre sont le footjob ou le shoejob (masturbation avec les pieds ou des chaussures, de préférence à talons aiguilles), le handjob (le coup de main classique aussi nommé tekoki au Japon) et la fellation. Bien sûr, ce sont là des bases sur lesquelles on peut greffer mille et une variantes plus ou moins hard selon les goûts. Ca peut être classe et sensuel, érotique et rigolo, ou carrément vulgaire. On retrouve le CFNM dans de nombreux scénarios : la doctoresse abuse de son patient, la gardienne de prison ou la fliquette qui abuse du pauvre délinquant, j’ai perdu mon maillot de bain dans la piscine/mer, etc.

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cfnm dans les pratiques sm comme le footjob

Le CFNM est très peu présent en France. La faute peut-être à une vision préhistorique, véhiculée par le porno made in Dorcel, où la sexualité de l’homme des cavernes doit nécessairement passer par un soulagement animal dans sa compagne totalement soumise. A l’opposé de notre civilisation de primates, on trouve donc les japonais, passés véritables maîtres dans l’art du CFNM et du tekoki (excitation manuelle de la femme sur l’homme). Comme d’habitude, nombre de programmes sont censurés par pixellisation. Mais les Japonaises prennent un malin plaisir à bricoler, triturer, torturer les organes génitaux mâles avant de s’amuser avec les fluides dans la joie et l’allégresse. L’archétype du mâle dominant japonais travailleur est alors totalement renversé et il devient un objet sexuel d’expérimentations complètement folles. Pour son plus grand plaisir, bien entendu.

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le tekoki des infirmières, classique parmi les classiques

On trouve deux formes de CFNM. Le factice d’abord, lié à la pornographie. Ce sont simplement des photos ou des vidéos mis en scènes par des professionnels ou des amateurs et qui se proposent de mettre en scène des fantasmes et des situations du genre. Le site référence le plus célèbre est www.cfnm.net qui propose de nombreux scénarios en tous genres. Le site est payant mais les filles sont jolies et les photos mettent bien en valeur le côté “réaliste” des situations même si celles-ci sont inventées de A à Z.

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à la piscine : les filles en maillot de bain, les mecs à poil

 

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les auditions sont poussées et l’on prend toutes les mesures qui s’imposent

La deuxième forme est le CFNM réel ou accidentel. C’est le cas des teuf trop arrosées et qui dégénèrent façon Full Monty. On trouve aussi du CFNM dans les bizutages, plus trop en France au vu des dérives et du durcissement de la loi, mais dans certains pays nordiques, les mecs se retrouvent souvent à poil dans la campagne (les filles peuvent par contre garder leurs sous-vêtements). Aux USA, la coutume est apparemment assez répandue et elle consiste à inviter entre copines un “loverboy”, un stripteaseur qui va jusqu’au bout, notamment à l’occasion d’un enterrement de vie de jeune fille. Faire le modèle pour des dessinatrices ou peintres est également une situation propice au cfnm.

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les étranges coutumes de nos amis étudiants nordiques

Le CFNM propose donc de laisser le libre contrôle aux femmes. Vous l’aurez bien sûr compris, il s’agit sans doute d’un fantasme plutôt masculin. Le M de SM n’est pas vraiment maso au sens propre, puisqu’il se laisse manipuler par ces dominatrices uniquement pour son propre désir. C’est néanmoins un concept intéressant car la femme n’est jamais déshabillée. On ne profite pas du corps féminin et surtout, il n’y a jamais de coït entre les deux sexes.

Assez méconnu, le CFNM existe un peu partout sans même qu’on sache qu’il s’agit de cela. C’est le cas par exemple dans le film mainstream comme “Les innocents” (the dreamers) de Bertolluci avec Michael Pitt et la belle Eva Green. Celle-ci, toute habillée, profite de Matthew, un timide étudiant étranger, pour lui sortir popaul et s’amuser avec un air malicieux !

Vous trouverez sur ce blog (http://handjobs.zerotik.com) une tonne de vidéos concernant plus ou moins le sujet.

Un forum actif et gratuit mais en anglais se trouve ici : http://www.sensations4women.com . Il contient de nombreux “passionnés” du genre et témoigne de l’extrême diversité des situations cfnm.

Le blog de Marie apporte un regard féminin sur la chose : http://mariecfnm.blogspot.com  ainsi que de nombreuses photos bien choisies et accompagnées - c’est rare - de quelques textes et commentaires bien troussés.

28 Commentaires • Dans la catégorie chemins de traverse

La revue “impur”

Publié le 16 février 2008 par Jerome 

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Que trouve-t-on, dans IMPUR, qui pourrait justifier que VOUS vous y intéressiez ?

Peut-être son sommaire : un texte incisif et émouvant de Pierre JOURDE sur le Japon ; un entretien avec Agnès GIARD sur l’imaginaire érotique au Japon, la crise de la masculinité, le traumatisme des années d’occupation américaine, l’émergence des femmes japonaises et les particularités du sexe nippon ; un roboratif entretien avec l’intellectuel sioniste Menahem MACINA sur la « violence juive », le destin d’Israël, l’« affaire » Alain SORAL, etc. ; un essai (en japonais, s’il vous plait) de l’écrivain HIRANO Keiichiro sur MISHIMA Yukio ; un portrait par Guillaume ORIGNAC de l’un des plus grands écrivains américains vivants - et comme par hasard méconnu en France -, le mystérieux et visionnaire Thomas PYNCHON ; une évocation par Jean-Pierre THEOLIER du destin malheureux de Charlemagne BOKASSA, l’un des 36 enfants de l’ex-Empereur de Centrafrique ; le récit par Laurent MARECHAUX de ses années combattantes en Afghanistan ; les regards de Frédéric SAENEN et Frédéric DUFOING sur la « crise belge » ; et combien d’autres choses encore…

IMPUR est (aussi) un CHIC OBJET coloré de 21 x 16,5 cm qui trouvera sa place dans votre bibliothèque ou vos commodités, sur votre plan de travail ou vos tables basses, et comblera vos ami(e)s et invité(e)s. 128 pages contre 9 euros : on peut reconnaitre que c’est raisonnable.

IMPUR SERA AUSSI VOTRE REVUE : notre comité de lecture est en recherche permanente de nouv/eaux-elles auteur(e)s ; n’hésitez pas à nous envoyer textes, nouvelles, récits, entretiens, essais. IMPUR ouvre prioritairement ses pages aux « littératures désinstallées » : récits d’exilés, d’expatriés, d’immigrés, paroles d’arpenteurs du monde, carnets de voyage, réflexions sur l’altérité ou l’identité. Les problématiques ethnoculturelles et géopolitiques peuvent y être posées.

IMPUR se trouve donc désormais dans toutes les bonnes librairies de France - on peut aussi s’y abonner ou commander en ligne (paiement sécurisé) grâce à RezoLibre, plate-forme de l’édition indépendante.

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Nouveautés chez la musardine

Publié le 19 décembre 2007 par Jerome 

nouvmusard.jpgLa revanche du clitoris, de Maïa Mazaurette et Damien Mascret
Après les monologues du vagin, le clitoris prend enfin sa revanche…

Toutes les études des sexologues le prouvent : le clitoris est bien le principal détonateur de l’orgasme féminin. Pourtant, dans les médias comme dans les mentalités, les approximations perdurent, et avec elles une somme d’idées reçues. En convoquant quelques pionniers de la psychanalyse et des études scientifiques récentes, la presse féminine et les séries télévisées et et les films pornographiques, Maïa Mazaurette et le Dr Damien Mascret analysent les raisons de cette étrange excision culturelle et, avec pédagogie et humour, proposent des pistes pour partir à la redécouverte d’un petit bout de matière qui a fait couler beaucoup d’encre.

Damien Mascret est médecin-sexologue et journaliste. Rédacteur en chef de l’hebdomadaire Le Généraliste, il est notamment co-auteur de Le malade n’est pas un numéro (Odile Jacob 2004) et de Ministre, un an dans les pas de Xavier Bertrand (Editions de santé 2007). Maïa Mazaurette, l’une des pionnières et sex-experte de la blogosphère (son site: www.sexactu.com), est rédactrice en chef du site lafraise.com, auteure de Nos amis les hommes (Editions Florent Massot, 2001) et Le pire est avenir (Editions Rozan-Laffont, 2004).

136 p. - 12€ Essai - coll. L’attrape-corps — 130 x 185 - broché

Date de parution : 24 janvier 2008

De la fellation comme idéal dans le rapport amoureux, de Gérard Lenne
Un sujet qui passionne encore et toujours les lecteurs…

Encore passible de prison dans des contrées reculées, tels certains États américains, la fellation est aujourd’hui une pratique courante chez les peuples civilisés. Toutefois, on constate une contradiction entre cette banalisation et les réticences qu’elle continue de soulever. Rejetant une approche historique, sociologique ou psychanalytique, déjà maintes fois adoptées, l’auteur dresse ici une sorte d’état des lieux, en s’appuyant sur des références littéraires et cinématographiques. Il s’attache en réalité à démontrer que, loin d’être une pratique secondaire, accessoire ou utilitaire, la fellation est un véritable idéal dans le rapport amoureux.

Critique de cinéma depuis une trentaine d’années, cinéphile et érotomane, Gérard Lenne est l’auteur d’une vingtaine de livres dans ses domaines de prédilection, jusqu’au monumental Erotisme et Cinéma (La Musardine). Il est également l’un des co-auteurs du Cinéma X, seul ouvrage de référence sur ce sujet (La Musardine, 2002).

120 p. - 10 € Essai - coll. L’attrape-corps — 130 x 185 - broché

 Date de parution : 24 janvier 2008

Osez coucher pour réussir, d’Etienne Liebig
Travailler moins pour baiser plus !

Voilà un livre de management tout à fait original. Derrière l’apparence humoristique et même provocatrice, l’auteur nous parle d’expériences professionnelles qui évoquent une réalité connue de tous. Osez coucher pour réussir, c’est somme toute appliquer scrupuleusement les principes sacro-saints du libéralisme, de l’ambition et de la course au pouvoir. La bienséance condamne la « promotion canapé » mais qui peut prétendre que jouer de la séduction pour réussir est plus immorale que les autres formes de concurrence humaine au sein des entreprises ? A partir de témoignages et d’exemples vécus, l’auteur nous propose des méthodes adaptées à chaque situation de travail et nous permet, sans culpabilité, de considérer la séduction comme un moyen parmi d’autres de parvenir au bout de nos légitimes ambitions professionnelles.
Ce guide est le premier à aborder cette question universelle de manière rationnelle, scientifique et sans fausse pudeur.

Etienne Liebig, au travers de deux guides humoristiques Comment draguer la catholique sur les chemins de Compostelle et Comment draguer la militante dans les réunions politiques, s’est fait le chantre de l’amour décomplexé et des techniques joyeuses de séduction.

144 p. - 8€ Coll. Osez - 110 x 175 - broché

Date de parution : 24 janvier 2008

Mémoires d’un cul, Anonyma
” Dire que mon existence a été bien remplie tiendrait de l’euphémisme…”

“Le nombre de mes amants et de mes maîtresses peut impressionner ceux qui n’ont pas connu beaucoup de partenaires et réalisé très peu de fantasmes. Certains me traiteront de putain ou de nymphomane. D’autres jugeront que je suis une hystérique. C’est sans importance.”
Les Mémoires d’un cul sont le témoignage, sous forme de confession sexuelle, d’une femme jouisseuse, joueuse, effrontément libérée, qui ne s’embarrasse d’aucun tabou et célèbre la réalisation du fantasme.

192 p. - 8.70 € Collection : Lectures amoureuses n°113

Date de parution : 24 janvier 2008

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The 4th life, film indépendant canadien

Publié le 11 décembre 2007 par Jerome 

Deux jeunes femmes s’embrassent langoureusement à demi-nues sur un lit. Des flashbacks désordonnés nous conte l’histoire des deux amantes. Caz, la brune, s’est échappée d’un asile pour criminels. Maire, la blonde, tient un magasin d’antiquités.  Qui sont-elles vraiment et qu’est-ce qui les lie si intimement ? Le film ne dévoile le mystère que progressivement.

Envoûtant et suave sont deux adjectifs qui collent parfaitement au film du réalisateur canadien François Miron. Tourné en langue anglaise, l’esthétique feutrée ressemble à du David Lynch. Mais Miron reste indépendant et créé son propre monde, un univers où le saphisme est la norme, sur fond de thriller, et avec quelques escapades surréalistes.

Déformations, jeux de reflets et de flous, palette de couleurs étonnantes, objectif grand angle, the 4th life flatte l’oeil et les sens, nous titille avec de l’érotisme, au sens noble du terme. Les actrices ne sont pas des bombasses siliconnées mais elles ont beaucoup de charme. La caméra, toujours en lent et doux mouvement, caresse leur corps en prenant le temps. Miron montre la beauté de la chair, à la fois simple et puissante. Mais en même temps, on trouve des scènes qui inspirent la répulsion. L’appartement familiale où vivait Caz durant sa jeunesse est un capharnaüm rempli de crasse. Marie croise un clochard lors son voyage et sa nourriture est difficilement identifiable.

La bande sonore rappelle également le père Lynch. Des bruits sourds, mis à l’envers, bidouillés, triturés, tendent à instaurer une atmosphère mystérieuse dans laquelle il fait bon se perdre. Miron n’a pas à rougir de la comparaison. Il sait imposer son style.

Le film propose une trame de road movie. La plantureuse blonde fréquente sort de son magasin pour rejoindre un richissime antiquaire. Pour ce faire, elle doit fréquenter des endroits crados. D’abord un train de frêt en compagnie d’un SDF puis un hôtel miteux avec un réceptionniste paranoïaque et armé. A partir de là, les événements étranges se succèdent. Une bande de terroristes locaux, une petite amie hargneuse qui laisse des cadavres derrière elle. On se demande ce qui se passe jusqu’à la fin qui tombe presque dans un total délire. Entre temps, nous remontons le passé pour découvrir l’événement traumatisant qui a donné naissance à la relation entre Marie et Caz.

Difficile d’en dire plus sur ce film assez particulier. On retiendra surtout la réalisation très sensuelle. François Miron a le don de mettre en scène avec talent des ambiances bizarres et hypnotiques, et de pratiquer un humour noir tout en restant sérieux sur le fond. A suivre !

Pays : Canada. Année : 2006. Réalisé par François Miron. Avec Janet Lane, Andrea Sheldon.

 

 

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La musardine fait son cinéma

Publié le 9 décembre 2007 par Jerome 

L’Homosexualité au cinéma de Didier Roth-Bettoni  (La Musardine, 2007) 

Une première lecture peut-être celle d’une histoire de l’homosexualité à travers celle du cinéma. Mais loin d’être un ouvrage “communautariste”, ce livre s’adresse à tous les passionnés de cinéma.
Au sommaire :  De l’aube du cinéma à aujourd’hui, l’histoire des représentations des gays et des lesbiennes détaillée par grandes périodes et par pays. Des encadrés sur des personnalités, des genres spécifiques, des films, des phénomènes ou des approches singulières. Les 100 films incontournables  Une éphéméride résumant les grandes dates de cette histoire. Des index regroupant près de 5 000 films et 3 000 personnalités.

 

 

Pornostars – fragments d’une métaphysique du x, de Laurent de Sutter  (La Musardine, 2007, coll. L’Attrape-corps)

essai passionnant  et émouvant sur les starlettes de X analysées par un jeune universitaire… Laurent de Sutter évoque sa relation à son objet fétiche, le X et ses actrices auxquelles il attribue le statut argumenté « d’anges ». Etrange métaphysique où les partouzes ont un parfum boticellien et l’amateur de films X n’est, étonnamment, jamais loin de l’ascète mystique. Une promenade troublante, érudite (autant truffée de références philosophiques que pornographiques), subversive  en compagnie de stars qui n’ont rien à cacher…Après la lecture de cet essai littéraire, vous ne regarderez plus jamais un film X de la même façon.
Extrait : « VI – Amour : Tout le talent d’une starlette de X s’exprime lorsqu’elle parvient à créer une ambiance à l’intensité suffocante. C’est à ce moment-là que sa puissance de fascination atteint son sommet. Et c’est aussi à ce moment là que, pour l’amateur de films pornographiques, la rêverie commence à prendre une saveur amoureuse. Quel est en effet l’affect le plus joyeux, sinon l’amour ? Spinoza, dans la Scolie de la Proposition XIII du livre III de l’Ethique, le définissait comme une Joie accompagnée de l’idée de cause extérieure, pourquoi une starlette de X ne pourrait-elle pas l’incarner ? Certains ont prétendu qu’une telle incarnation était impossible parce que l’amour, comme la jouissance, ne peut pas se jouer. D’une certaine manière, il avaient raison. Les starlettes de X, ne jouent pas l’amour. Elles le font naître. »

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Tentacules japonais

Publié le 3 décembre 2007 par Jerome 

Les “shunga” sont des estampes japonaises datant du 18ème siècle durant l’ère Edo. Ces dessins très épurés constituaient la pornographie de l’époque en illustrant divers actes sexuels, des positions parfois acrobatiques. Un soin tout particulier (naturaliste pourrait-on dire) est apporté à la représentation détaillée des organes génitaux, souvent disproportionnés par rapport au reste du corps. Une oeuvre en particulier nous intéresse ici. Elle est intitulée “le rêve de la femme du pêcheur”.

Le peintre Hokusai nous dépeint un fantasme féminin, touchant à la zoophilie, mais qui représente bien plus que cela. Les tentacules sont en fait autant d’appendices phalliques pouvant supplanter l’unique pénis humain. La femme est ainsi comblée par un contact physique total, tous les orifices devenant potentiellement zones érogènes à remplir par la créature.

Ce concept assez simple a été utilisé à outrance par tous les hentaïs, ces mangas ou dessins-animés à vocation pornographiques. On ne compte plus le nombre de créatures monstrueuses qui violent avec vigueur grâce à des tentacules aux formes évidentes.

Ce fantasme est au final plus masculin que féminin. C’est bien l’homme qui rêve d’avoir plusieurs pénis et de démultiplier ainsi le plaisir et les possibilités. Mais c’est aussi un concept typiquement japonais. Sans doute parce que les habitants de l’archipel côtoient dans leur culture et souvent dans leur cuisine, toutes sortes de céphalopodes pêchées dans l’océan. Néanmoins, on se pose tout de même la question : de quoi rêvent les femmes de pêcheurs bretons ?

L’exemple de hentaï le plus symptomatique incluant de la pornographie tentaculaire est le fameux Urotsukidoji. Nous sommes ici bien loin de toute rêverie érotique féminine puisque l’animé fait la part belle aux scènes hardcores avec violence extrême, monstres dégénérés et bizarroïdes, et comportements sexuels déviants. L’utilisation du tentacule permet ici surtout de contourner la censure japonaise, alors très stricte à l’égard des organes sexuels et des toisons pubiennes. Rappelons que l’animé date de 1987 (déjà!) et que même aujourd’hui, il n’a rien perdu de sa violence graphique. Il existe deux versions du film, une clean et une non censurée. Cette dernière contient quelques gros plans furtifs lorsque ça chauffe. Cela reste stylisé et un peu flou. Pas absolument indispensables, ils renforcent néanmoins l’ambiance malsaine qui règne tout au long du film. 

Fresque à gros budget, Urotsukidoji narre les aventures de créatures de trois mondes : les démons, les humains et les mutants, un mélange entre les deux. Si en général, les trois mondes sont séparés, tous les 3000 ans, les chefs de chaque univers se rassemblent pour se mettre sur la gueule. Typiquement nipponne, l’intrigue tourne autour de l’apocalypse qui passe par la destruction de mégalopoles, des catastrophes naturelles, en lien avec les nombreux typhons et tremblements de terre qui secouent le pays et aussi en écho avec les bombes atomiques de la deuxième guerre mondiale.

Mais avant cela, l’histoire commence de façon classique et presque inoffensive dans un lycée, où nous faisons la connaissance de Nagumo, loser et gringalet, qui en pince pour la jeune et innocente Akemi. Il va d’ailleurs jusqu’à l’espionner dans les vestiaires en s’astiquant Roland (yen a marre de Popaul). De l’autre côté, nous avons Ozaki, grand brun ténébreux et musclé, qui ne manque pas de confiance en soi et aime à humilier les plus faibles. Les personnages et les enjeux sentimentaux sont maintenant posés. Reste à définir la trame de l’éternel combat du bien contre le mal. En plus du triangle humain, apparaîssent Amano et sa chaude de soeur Megumi, deux créatures à mi-chemin entre les démons et les humains. Ceux-ci sont chargés de surveiller l’élu (le Chojin comme ils disent) et de veiller à sa protection grâce à leurs pouvoirs spéciaux. Contrairement à de nombreux hentaï, Urotsukidoji possède une intrigue élaborée et une galerie de protagonistes intéressants.

La folie débute lorsqu’Akemi est convoquée par une professeur. Cette dernière profite de son autorité pour pratiquer sur elle quelques caresses saphiques. La prof se change alors en monstre. Sur toute la durée de l’animé, le design des créatures bizarres est absolument remarquable et on ne peut plus abominable. On y trouve une galerie digne du bestiaire de H.P. Lovecraft.

        

Cette transformation laisse apparaître le premier tentacule visqueux, sorti de la bouche de la prof monstrueuse et muni d’un oeil en son extrémité, pour mieux sonder la sombre intimité d’Akemi. Une pluie de tentacules s’abat ensuite sur la pauvre impuissante et nous retrouvons alors la version hentaï de la peinture d’Okusai :

C’est un résumé de la scène car la version non censurée présente un découpage digne d’un film de cul et se termine par une pluie de sperme mauve fluorescent. Ca fait beaucoup pour le spectateur occidental. Heureusement, le film ne s’arrête pas là et propose ensuite un combat digne de ce nom entre démon-démon et démon-humain. C’est gore, extrême, trash, on en avalerait son popcorn.

Le reste de l’oeuvre suit toujours le même schéma tout en innovant à chaque fois et en repoussant un peu plus les limites du montrable. Un peu de romance entre Akemi et Nagumo, Ozaki devient un monstre géant incontrôlable, Akemi sert de jouet sexuel pour à peu près tout le monde et le couple de mutants Megumi/Amano se démènent pour éviter que les monstres sèment trop la panique.

Chef d’oeuvre du hentaï, porno artistique et ultra-gore, Urostsukidoji compile toutes les perversions et fantasmes typiquement japonais sans délaisser le fond et la forme pour autant. Il cristallise ainsi d’étranges obsessions dans un cocktail composé de tous les fluides corporels.

 DVD Dispo chez Pathé.

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Comédies paillardes - la chronique

Publié le 24 novembre 2007 par rico 

 

Jean-François Davy connaît depuis peu une seconde jeunesse. Après la sortie de son film Les aiguilles Rouges (2006) et du coffret Exhibition (critique in Cinetrange), voici rassemblés quelques-uns de ses chef-d’œuvres, enfin… de ses classiques.

Les quelques bonus et articles parcourus font apparaître un réalisateur attaché aux décennies liées à la libération sexuelle tout en évoquant volontiers ses excès. Un homme éclairé, cultivé, intelligent. Nous serons moins dithyrambique sur la qualité générale de ses films, combinant un humour testant notre indulgence et un érotisme à l’audace d’un autre age. Si les titres ont le mérite incantatoire de nous prévenir : Bananes mécaniques, Prenez la queue comme tout le monde…, le contenu est parfois pénible à s’enfiler, si je puis dire. Pourtant, ces œuvres méritent d’être visionnées, l’intérêt aujourd’hui étant moins esthétique qu’historique. Davy fut l’un des brise-glaces pionniers du cinéma érotique dans ce qu’il pouvait incarner de transgressif à l’aune d’une censure mise à rude épreuve. Afin de comprendre l’intérêt et les motivations de ses films, il est précieux de se replonger dans un contexte culturel que Jean-François Davy apprécie toujours, au fil des bonus, de décrypter.

La parenthèse des années 70 permit à la pornographie de se démocratiser, tandis que l’érotisme naviguait au sein de la censure entre esthétisme photogénique sublimé par David Hamilton et paillardise artificielle. Davy reconnaît cet aspect totalement irréaliste et farfelu de ses oeuvres. Tout commence après la sortie de son film considéré aujourd’hui d’ « auteur » Le seuil du vide, avec Catherine Rich et Pierre Vaneck, lorsqu’on lui propose un film de vampire : Vampirissima, un script où le gag type est de sucer le sang des humains à la paille. Ca commençait bien… Il engage alors son complice chef-op et toute une équipe mais la production lui annonce rapidement l’arrêt du lancement du film. Davy, qui s’achète entre temps une maison sans un rond en poche, se retrouve endetté jusqu’au cou et s’oblige à pondre en 15 jours un scénario dans la maison fraîchement achetée pour monter un projet susceptible de relancer ses finances. Il imagine 5 filles désoeuvrées squattant une demeure et pimentant crescendo leur quotidien bohême. Le style attendu constituera un savant dosage de comédie et d’érotisme. Il réunit 20000 francs et lance l’affaire avec prêt de pelloche etc… «Une espèce de grâce s’installe » expliquera l’auteur. Il choisit des filles « sympas » mais parfois instables, dont l’une sera remplacée au pied levé par … la sœur de Davy, qui invite d’autres copains à la fête. Le film est tourné en 16mm avec prise de son directe. L’improvisation règne en maître et Davy se marre aujourd’hui des lacunes de son scénar. Au terme de trois semaines de tournage, il lui restait un quart du film à tourner mais la plupart des membres de l’équipe commençaient à prioriser d’autres aspects de leur carrière. Davy impose alors une cadence de galère et projette de finir le film sans pause. Il tournera 36 heures non stop, mais son Bananes mécaniques est dans la boite.

Le début des seventies, années des premières comédies paillardes de Davy, est un grand mouvement de liberté. Le réalisateur aime rappeler combien la culture musicale et cinématographique répondaient à d’autres normes que celles d’aujourd’hui, notamment en citant l’exemple amusant du groupe big bazar au sein duquel tous les artistes, de Michel Fugain au dernier des danseurs inconnus, étaient sur le même plan, tous également rémunérés. Concept difficilement imaginable aujourd’hui. Nous étions bien dans l’épanouissement de l’après 68. Un film comme Bananes mécaniques reste pour son auteur un grand moment de liberté, de spontanéité, de naturel. Davy use d’un certain style, dont il reconnaît quelques emprunts à Lelouch, comme de continuer de filmer après les coupez ! Ou de donner aux acteurs le texte au dernier moment. Il n’hésite pas non plus à parodier certains classiques comme les films de Leone ou L’aventure c’est l’aventure … Reconnaissant volontiers que sa série de films paillards n’est pas vraiment excitante, Davy souscrit aux effets de style de l’époque en terme d’érotisme, souvent retrouvés dans le genre : gymnastique kamasoutra, rebondissements aussi inventifs que possibles… Tout ou presque, étant dans le rythme.

Prenez la queue comme tout le monde, sorti un an plus tard fera aussi bien en terme de succès public: 1 million de spectateurs salle. Film urbain tourné en décor naturel à Paris, les conditions de tournage sont différentes : les acteurs rentrent chez eux le soir, le budget est meilleur, l’équipe se professionnalise. De l’aveu du réalisateur, c’est un vaudeville ; l’histoire d’un homme qui jongle avec son emploi du temps pour satisfaire ses maîtresses, mais qui devra faire face aux traîtrises de ses amis. Prenez… enfonce la page du burlesque, la fin de l’ère pompidolienne permettant de diffuser à nouveau cette ambiance d’insouciance, caractéristique de nombreuses comédies d’alors. Elle crée un érotisme se démarquant du réel, de la vie courante. Cela n’empêche pas la critique d’éreinter le film. Tombé en disgrâce face à ses collègues depuis son passage du Seuil du vide à Bananes mécaniques, Davy force le trait en maintenant une ligne directrice avec son film suivant.

Q est considéré comme le troisième volet de sa trilogie paillarde. Davy monte sa maison de production et veut satisfaire ses ambitions jusqu’au bout. Mais l’époque marque un tournant : l’automobile s’écroule, Giscard va être élu… Le film prend alors un ton un peu plus sérieux, retraçant l’histoire d’une maison close pour femme, où les garçons apprennent les règles de l’amour revendu et se prostituent. L’affaire se complique lorsque l’heureux monteur du projet se présente aux élections tout en tombant amoureux de la fille du premier ministre, conférant au film un jour politique. Restent les scènes du bordel version clientes féminines, assez drôles et féministe. A la grande surprise de Davy, le film est programmé par Gaumont, maison réputée plutôt bourgeoise , mais il aura moins de succès que ses prédécesseurs, sûrement par son style plus « Mockyen » au rythme survitaminé. Davy est déçu mais convient que Q parodiant le Z d’un Gavras, c’était gonflé… Plus enlevée, mieux réalisée et tout de même un peu plus chaude qu’une compilation de Max Pecas, la trilogie reflète une des facettes du talent de Jean-François Davy, dont la démarche documentariste d’Exhibition reste pour moi la plus aboutie de sa carrière.

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Parties fines (indécences 1930)

Publié le 18 novembre 2007 par Jerome 

 

Parties fines se situe dans les années 30 chez le Baron et la Baronne. La narratrice est la bonne qui conte avec une douce voix les vices de chacun. La servant fait la poussière avec un plumeau dans le derrière, elle fume en se touchant et essaie tous les sextoys qui traînent dans la demeure. C’est une petite dévergondée. Il y a aussi Hector le chauffeur, qui aime à mélanger son pénis avec des carottes.

Le récit prend son envol lorsque le Baron s’absente pour un voyage d’affaires (de fesses dira la servante). La Baronne Solange est interprétée par la toujours pétillante Brigitte Lahaie. Dans un montage en alternance, nous voyons la baronne jouer du gode et la servante jouer du moulin à café. L’un est plus excitant que l’autre. Le tout devient bizarroïde quand débarquent chez la baronne un certain Monsieur Finch (apparemment mafieux) et le frère de la bonne, un type presque aveugle qui ne quitte jamais son monocle noir et son accordéon. Ce Finch s’incruste chez la baronne et oblige celle-ci à faire la bonne. On imagine ensuite tout ce qu’elle doit subir. Il y a notamment une scène de sexe floue où l’on voit depuis le point de vue de Jean, qui doit avoir un sur dix pour ses deux yeux. D’une manière générale, les ébats sont tous filmés sur fond d’accordéon, ce qui finit de rendre la chose à la fois insupportable et psychotronique.

Pendant ce temps, le baron se fait hébergé par sa dominatrice et il joue le rôle du chien. La scène la plus bizarre rejoint la perversion appelée sitophilie, où la jeune femme s’enfile successivement des produits maraîchers (concombre, carotte) puis une banane avant de les faire manger à son chien humain. Pour terminer leur jeu de domination, les deux coquins regardent ce qui semble être un authentique et antique film zoophile sur pellicule.

Le film se dote de quelques moyens. Des décors un peu cheap mais une post-production honnête (effets de vieux film, musique adéquate), une voiture d’époque, bref, l’ambiance y est. Les dialogues sont recherchés et pour la plupart très drôles. Le casting assure tant au niveau bizarrerie que séduction pour les filles qui sont toutes très jolies.

” Oh oui, je vous en supplie… Je suis une crotte mais je n’en peux plus”

“Un jour un petit oiseau se pose sur le dos d’un éléphant et le petit oiseau dit : j’aimerais t’enculer”

“Malgré tous ses airs de Joconde, j’ai vu Madame se faire baiser tout comme moi”

“Je suis comme un ballon libre… En voyage vers les étoiles”

Réalisé par Gérard Kikoïne. Année : 1977. Avec Brigitte Lahaie, Patrice Chéron, Alban Ceray, Jacques Gateau, Sylvia Lamo, Maude Carolle.

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Une vraie jeune fille

Publié le 18 novembre 2007 par Jerome 

Catherine Breillat n’est guère aimée en France. Ses films sont assez souvent hermétiques, et l’on prend les images crues qui émaillent ses oeuvres pour de la provocation gratuite. Il est vrai que les propos de la réalisatrice sont rarement clairs. En même temps, comment serait-il possible de décrire la sexualité féminine de manière simple et exemplaire ? Elle se contente donc de poser des questions, donner des indices, et offrir sa vision très personnelle et torturée du rapport au corps, à la chair, au sexe. Breillat pratique également un cinéma quelque peu féministe. Les hommes ont une place de figurant mais pas dans le but de les mettre à un niveau inférieur; simplement ils ne sont pas ici le sujet central. Le point de vue offert est donc délibérément subjectif. On reproche également à l’auteur de tirer des généralités mais ce n’est que le public et les critiques qui déduisent cet état de fait. Les histoires de Catherine Breillat raconte, n’ont pas vocation à être universelles. Bien au contraire, une sexualité est unique pour chaque être et s’il y a des racines communes, les interrogations philosophiques de la réalisatrice ne sont pas des leçons. Le seul reproche que l’on pourrait lui faire est d’intellectualiser à outrance la sexualité jusqu’à parfois faire de l’étude clinique, munie d’un microscope. Breillat ne prend en effet jamais la sexualité au premier degré comme un besoin naturel teinté de romantisme. Elle veut comprendre, disséquer, étudier, bousculer, mais n’arrive et n’arrivera jamais, malgré des angles d’attaque différents, à faire le tour de la question.

Avec une vraie jeune fille, elle s’interroge sur la naissance de la sexualité, sans doute le moment où toute une sexualité se forme tant au niveau physique que psychologique. On imagine volontiers le film quelque peu autobiographique, l’histoire étant un assemblage de saynètes constituant autant de souvenirs de vacances. Ce film est certainement le meilleur et le plus clair de sa filmographie. Alice, perdue au pays des fantasmes, passe ses vacances dans les Landes. Elle part à la découverte de son corps et se voit troubler par la présence de Jim, un jeune éphèbe travaillant à la proche scierie. Du fait de son cadre estival, de l’âge de l’héroïne, il s’agit du film le plus lyrique et le plus poétique de la réalisatrice. Par conséquent, peut-être celui qui sera le plus abordable pour un large public, malgré quelques scènes que certains auront du mal à accepter.

La réalisatrice choque car elle attaque de front nos interrogations. Elle se demande en quoi une vulve est un élément érotique pour l’homme. Elle se pose la question de la pertinence du coït, si habituel et ancré dans l’être humain. Elle s’interroge sur la dégradation ou l’auto-dégradation dans le but de plaire et de provoquer du désir. L’avilissement comme source de plaisir est récurrent chez Breillat mais jamais elle ne semble l’accepter et donc verser dans un aspect purement masochiste.

A côté du quotidien de vacances, nous avons donc droit à des images choquantes, mais qui s’inscrivent très bien dans ce récit personnel. On retiendra la scène mémorable où Alice est maintenue à terre, jambes écartées, et où Jim essaie de lui introduire un vers de terre. Alors que Romance avait fait son petit scandale à l’époque, Une vraie jeune fille reste plus méconnu et pourtant plus brutal, mais sans doute aussi plus sincère et spontané.

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L’érotisme dans le cinéma indien

Publié le 4 novembre 2007 par Jerome 

Divertissement familial avant tout, le cinéma de Bollywood ne peut se permettre d’évoquer ouvertement tout acte sexuel. Même dans les romances les plus passionnées, il est interdit de s’embrasser sur la bouche, le plan ne faisant que le suggérer fortement. Ne parlons donc pas du coït. Il s’agit certainement d’une question de culture, de traditions et sans doute de censure.

Car les réalisateurs ont trouvé mille et un moyens de faire de l’érotisme sans rien montrer, la définition même du concept. En exemple, nous prendrons le film Dhoom, la version hindi de Fast and Furious avec corps huilés et motos chromées. Nous verrons que s’il n’y a aucune image explicite, le choix du cadrage, la mise en valeur du moindre bout de chair et les poses suggestives suffisent à rendre une scène torride. Dans celle qui suit, la demoiselle est en train de peindre et de ranger. Elle n’a pas envie que son partenaire vienne l’embêter alors elle résiste, mais pas pour longtemps; car l’autre a le regard rempli de désir :

Nous commençons par le point de vue du personnage masculin :

Il n’y a pas vraiment d’ambiguïté ici. Seins et fesses sont filmés en gros plan. On passe ensuite à la séduction. L’homme va tout faire pour câliner sa partenaire et ça commence avec un peu de fétichisme centré sur des pieds délicats et ornés :

Après une sorte de flirt, on passe aux préliminaires. Sous un drap, l’homme descend le long du corps de sa compagne et s’arrête au niveau du nombril. Cut et on passe au visage de la fille visiblement transcendée. Il s’agit bien d’une caricature de cunnilingus :

On se déplace dans le jardin où l’homme envoie sur la jeune femme des jets d’eau avec son tuyau d’arrosage. Je ne vous fais pas l’affront de traduire cette image universelle :

Furtivement, le réalisateur insère quelques plans sur les seins et le pubis, délicatement moulés par l’humidité. Toute humide, l’héroïne va se réfugier sous une serviette. Et là arrive le plan le plus osé mais aussi le plus subliminal. Envie subite d’exhibition, elle ouvre sa serviette pour que son compagnon puisse mater. C’est le climax de la scène :

Mais la tigresse n’en a pas fini. Elle a revêtu une pièce de lingerie rose et affriolante :

En fait, c’est un retournement de situation. Elle prend le dessus, les choses en main, puisque la voilà qui chevauche son petit ami :

La scène musicale se termine sur les draps noirs cachant les deux amants. La morale est sauve.

Dvd zone 2 édité par Bodega Films.

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Vintage Erotica anno 1950

Publié le 22 octobre 2007 par Jerome 

Qu’est-ce qui faisait bander nos aïeux dans les années 50 ? Je vous l’accorde, c’est une question que l’on se pose assez rarement. De nos jours, la vidéo et le dvd de cul est devenue une industrie et que ce soit par correspondance ou dans n’importe quelle borne de vidéo club, les produits semblent sortir d’une corne d’abondance. Mais qu’en était-il il y a cinquante ans quand ni cassette vidéo ni dvd existaient ? Le seul support disponible était alors le film, la vraie pellicule, celle du cinématographe. On connaît bien le porno des années 70, particulièrement virulent en France et exclusivement visible dans les cinémas à l’époque. Eh bien dans les années 50 il n’y avait pas grand-chose, mais quelque cochons ont quand même tourné des films très explicites et c’est ce que nous fait découvrir l’éditeur américain Cult Epics avec ce dvd.

La première chose que l’on se dit avant de voir ces courts-métrages, c’est que la morale était forte à cette époque et que nous allons assister à quelque chose de prude et de « soft ». Eh bien c’est juste le contraire.
La deuxième chose qui surprend, c’est que ces films sont d’origine française ! Ah les petits porcs de frenchies. Dorcel et B. Root avaient donc bien des grands-pères !

L’image est en noir et blanc bien sûr. La pellicule est sale, tâchée et rayée. Pour sûr, ces films d’époque ont été exhumés d’une cave d’antiquaire ou d’un grenier oublié par un p’tit vieux. Il n’y a pas de son, l’éditeur a donc rajouté un bruit de vieux projecteur pour s’y croire vraiment…
Le dvd propose donc une compilation de différents petits films ayant chacun sa « spécialité ». On commence par des femmes seules qui s’amusent avec des gadgets dans un premier temps puis s’adonnent aux plaisirs saphiques.
Alors bien sûr, les giga permanentes et les sous-vêtements d’époque ont tendance à faire descendre le mercure. Mais qu’importe car les nombreuses demoiselles perdent assez rapidement leurs vêtements.

La suite du film est surprenante car on connaissait déjà à l’époque le « hard crade » qui consiste à montrer les actes et les sexes avec des gros plans extrêmes. Sans aucun tabou, le réalisateur nous expose les anatomies dans les moindres détails. Ceci nous permet de constater que les foufounes ont généralement une fourrure garantie 100% naturel.
Mais ce n’est pas une généralité car le deuxième film nous propose un « rasage en douceur » où une jeune femme se fait épiler avec le bon vieux rasoir à une lame et le blaireau pour appliquer la mousse.
On continue avec des pratiques moins courantes et plus scabreuses. Une femme à la silhouette svelte s’amuse avec une autre dame, bien plus en chair. On peut voir que les canons de beauté ont quelque peu changé et qu’un ventre gras ou des cuisses bien épaisses pouvaient paraître érotiques à l’époque. Mais ce n’est pas non plus l’apologie de l’obésité, loin de là.
Le reste des films offre de nombreuses pratiques en tous genres : soixante-neuf entre femmes ou entre un homme et une femme.
Un des films qui s’appelle sobrement « attachement » pose les bases du bondage et du SM. Une femme drogue un homme, l’attache à une chaise et le force à exécuter ou à subir toutes sortes de gâteries. Elle le fouette ensuite violemment avec une ceinture. Ca rigole pas !

 

La plupart des films ne s’embarrassent pas de scénario. « La femme au portrait » débute par une ébauche d’histoire. Un couple achète un tableau sur lequel est peinte une femme. Une fois chez eux, la femme du portrait prend vie et forme avec le couple un ménage à trois aux nombreuses possibilités. Le générique est hilarant. Le nom des acteurs : Clio Clitoris, Olette Chofra et Queue de béton. Tout un programme.
Toutes les figures du porno sont présentes dans les différents courts-métrages. Un absent toutefois : la sodomie, vraisemblablement pas encore à la mode dans les années 50.

On constate que Dorcel et consorts n’ont rien inventé. Tout a déjà été fait auparavant. Erotic Vintage doit être vu au moins une fois pour pouvoir compléter sa cul-ture.

Import USA. Editeur : Cult Epics.

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La grande mouille (parties de chasse en Sologne)

Publié le 19 octobre 2007 par Jerome 

La maîtresse de maison inspecte son manoir (des chambres recouvertes en totalité d’un papier peint horrible aux motifs des années 70). Elle parfume les chambres, place un gode sous oreiller. Puis deux soubrettes lui mettent à disposition un homme nu. Quelle bonne surprise ! Les deux jeunes femmes habillées en bonne s’occupent alors de déshabiller la dame (à l’air un peu mature) et voilà une scène saphique mâtinée de triolisme qui commence. Avec sa casquette de cuir très Village People, l’homme n’est  - malheureusement pour lui - que spectateur pour le moment. C’est qu’en fait les deux filles lui préparent le terrain pour qu’il n’ait plus qu’à accomplir son devoir de missionnaire.

Au même moment, des couples arrivent dans la demeure. Partie de cartes sur la table, fellations sous la table, pipe sur la barque en pleine nature, c’est rigolo. Vous allez me dire : et la chasse dans tout ça ? Il faut quand même patienter pendant 27 minutes de jambes en l’air avant de voir du gibier et des fusils. Et après avoir ramassé un impressionnant butin d’oiseaux en tous genres, quoi de mieux qu’une bonne partouze pour détendre l’atmosphère. La belle Brigitte Lahaie s’y fait prendre en levrette, une position fort à propos. Un bon repas aux allusions sexuelles vulgaires (et vas-y suce ma cuisse de poulet) suit l’ébat.

Fourrure naturelle et intacte, sous-vêtements élaborés, La grande mouille est un porno vintage relativement inoffensif et un peu trop répétitif. Mais ce classique constitue, en tout cas, une bonne pub pour la Sologne, à l’attention de tous les amateurs de chasse et de branlette. Les amateurs de calembourgs remarqueront que chasse et sexe (dites-le rapidement douze fois) ont un vocabulaire parfois commun. Par exemple, c’est un film où l’on tire plein de coups.

Avec : Brigitte Lahaie, Marilyn Jess, Martine Grimaud, Véronique Maugarski . Réalisé par Burd Tranbaree. Année : 1979.

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