
Ovidie, l’intello du X, n’aime pas qu’on l’appelle comme ça. Pourtant si ce sobriquet lui colle à la peau, c’est qu’elle a su trouver un créneau en marge de son travail dans la pornographie. Ovidie n’a pas sa langue dans sa poche (ndr : insérer une blague salace ici). Elle l’ouvre grand et fort et se permet même d’écrire un ouvrage, Porno Manifesto, dans lequel elle explique ce qu’est exactement le milieu du film porno, afin de désamorcer les nombreuses idées reçues.
Pour voir et écouter les propos intéressants de la jeune femme, vous pouvez vous rendre sur FilmoTV, un site de VOD qui propose du contenu en libre accès. Ovidie s’y exprime sur de nombreux sujets : le cinéma de genre, sa complicité avec Jean Rollin, sa filmographie.
Mais ce n’est pas tout. La belle a récemment réalisé Histoire de Sexe(s), un film réaliste sur la sexualité qui s’est vu classer X. Frenchlover TV, producteur du film, communique :
“Lors du premier passage [à la commission de censure], l’obtention d’un visa interdit aux moins de 18 ans sans classification X avait été décidée à l’unanimité. A notre grande surprise, le passage en deuxième commission nous a été fatal. Il ne s’agit pourtant que d’une simple comédie de moeurs, ne contenant ni violence ni propos outrageux, qui n’aurait du susciter aucun débat échevelé au sein de la commission.
Notre crime ? Avoir glissé quelques passages explicites de sexe non simulé, pourtant bien éloignés des codes de la pornographie classique. Ni gros plan, ni obscénité, ni dégradation de la personne humaine.
Histoires de Sexe(s) avait pour ambition de s’affranchir des règles de l’industrie pour adulte. Nous aspirions à sortir du ghetto, le CNC nous y a renvoyé aussi sec.
Il est généralement reproché aux pornographes de n’écrire aucun scénario, de ne pas travailler la mise en scène, d’être trop éloignés d’une sexualité réaliste, de dégrader la femme.
Ce film relevait pourtant ce défi : présenter une sexualité non caricaturale, et mettre en scène la complexité de la relation de couple.
Habituellement, les scenarii ne servent qu’à introduire les scènes de sexe qui sont la raison d’exister des films pornographiques. Dans Histoires de sexe(s), les courts passages explicites ne sont que des illustrations des propos tenus par les protagonistes. 95% de dialogues, pour 5% de sexe, et non l’inverse. Très clairement, il ne s’agit en rien d’un film masturbatoire.
Avec ce film, nous attendions l’émergence d’un genre nouveau : celui du film traitant ouvertement de la sexualité, affranchi des codes de la pornographie et de son quota d’éjaculations faciales. Notre souhait n’était pas d’être exhibé à un public mineur, puisque nous réclamions une interdiction aux moins de 18 ans. Des films tels que Baise-moi (Virginie Despentes et Coralie Trinh-Thi) ou encore Nine songs (Michael Winterbottom) avaient obtenu un visa d’exploitation -18 sans pour autant être classés X.
A l’ère de l’ultra-violence, nous ne comprenons pas que ce petit film indépendant que nous ne jugions pas «polémique» subisse la pire sentence que l’on puisse réclamer pour une oeuvre de cinématographie. Plusieurs mois d’écriture et de casting, un mois de tournage, six mois de montage, auront été récompensés par une interdiction. Nous seront donc classés au même rang que des films de sex-shops, tournés en trois jours. Un triste retour en arrière, dans un pays se proclamant de la «liberté d’expression».”
Le film est néanmoins visible en VOD sur le site officiel : www. histoiresdesexes-lefilm.com

Rico
3 months ago
Ses interviews sur Filmo sont sympas. J’ai un point commun avec cette délicieuse actrice : son admiration pour l’acteur Christian Bale. La top classe ce mec.