Cashback

14 juillet 2009
Article rédigé par Jerome

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Cashback, de l’anglais Sean Ellis n’est pas un film érotique mais un des ces films “so british”, qui dépeint une bande de potes toujours prompts à la déconnade alors qu’ils vivent une vie plutôt morne. Le film n’est pas un chef d’oeuvre mais son côté “bordélique” est séduisant. A la fois romantique et rigolo, il lorgne aussi du côté du fantastique, de la réflexion sur le temps, l’art et de l’érotisme.

Le personnage principal est Ben, un étudiant aux Beaux-Arts. Suite à sa rupture avec Suzy, il n’a plus la capacité à dormir la nuit. Totalement désespéré, il trouve un job nocturne dans un supermarché. Là, il fait la connaissance de Matt et Barry, joyeux pitres, du manager aux chevilles enflées fan de football et de Sharon, prise au piège derrière sa caisse et dont la beauté ne se révèle pas au premier instant.

Ben a également la possibilité de ralentir ou d’arrêter le temps. Ce don de figer l’instant lui permet, en tant qu’artiste, de prendre son temps afin de capturer la beauté de l’instant. Ce qui donne lieu à la plus belle et à la plus troublante scène du film. Profitant d’un arrêt sur image dans un rayon de supermarché, Ben en profite pour dévêtir toutes les clientes présentes afin d’en dévoiler les charmes. Bizarrement, toutes les filles du rayon sont minces, jeunes et sveltes, et ont la poitrine généreuse. Mais la magie opère et l’on découvre alors de l’érotisme là où l’on ne devrait jamais en trouver : entre la javel et le PQ.

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nature morte

On sent que Sean Ellis (réalisateur mais aussi scénariste) a inséré dans l’histoire des éléments autobiographiques. On pourrait même presque croire qu’il s’agit là d’une confession sur la découverte de la sexualité et des petits incidents dans l’enfance qui construisent une identité sexuelle. Et si Ben veut aujourd’hui devenu peintre, c’est bien à cause de cette étudiante suédoise venue chez ses parents et qui, par manque de pudeur, a offert au jeune garçon la vue de son anatomie la plus intime.

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“en bonne suédoise, la pudeur lui importait peu”

Cashback manque de rigueur et de ligne directrice mais il reste attachant grâce aux personnages sympathiques, décrits et interprétés avec réalisme. Le film séduit aussi à cause de cette dualité exhibitionnisme/voyeurisme assez étrange où le réalisateur semble vouloir partager d’intimes fantasmes et les mêler avec l’art de la peinture érotique. Vouloir voir et se montrer à la fois, voilà qui n’est pas commun.