Le cahier noir de Joë Bousquet

29 juin 2009
Article rédigé par Jerome

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“Durant les trente-deux ans de sa vie d’écrivain, Joë Bousquet n’a cessé de s’interroger. Sur lui-même, sur le sens qu’il devait donner à la blessure reçue le 27 mai 1918 à Vailly et qui l’a rendu définitivement infirme, sur les pouvoirs de l’écriture dès lors qu’on entend la considérer comme moyen : celui d’un acte qui fait naître d’un même mouvement la parole et la vie. » Maurice Nadaud

Bousquet se jette dans la guerre comme il se jette dans les excès (drogue, femme). Blessé à 21 ans à la première guerre mondiale, il reste paralysé jusqu’à sa mort. Cloué au lit, cloué aux mots, il ne cesse de combattre et d’écrire pour « rester debout ». Malgré sa paralysie, il participe à la Résistance en cachant des juifs. Par l’écriture, il se sauve lui-même et noue des amitiés avec Eluard, Aragon, Bellmer, Gide, Valéry, Paulhan, Dubuffet… Il y aura aussi les femmes qui viennent à lui ou lui écrivent…

Texte fantasmatique entre tous le Cahier noir pourrait être qualifié de texte visionnaire sur l’amour, halluciné et chimérique.  « Je voudrais que l’on allât de l’amour au plaisir en agrandissant la conscience et non en la supprimant. », conception d’un amour charnel, organique, mystique et salvateur. Ressassement de scènes érotiques, répétitives où se mêlent voyeurisme, sadisme, rites pervers et sodomites, blancheur des chairs féminines, croupes illuminées où chaque personnage féminin cache « un violent désir d’être envahie par le sentiment de sa chair ».

« Tu es celle que je crée dans la solitude éternelle de mon âme revenue de ce monde », écrit Bousquet. Et dans cette phrase s’inscrit le Cahier noir…

Ce casse cou dont la mort n’a pas voulu sublime l’amour, la sexualité comme jeu, force vitale, libération. Il laisse s’exprimer avec fièvre et poésie la violence sexuelle qui l’habite dans une suite de tableaux brûlants. A contempler.

Edition La Musardine