Se torcher aux plumes des anges, de S. Korr

18 février 2009
Article rédigé par Jerome

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Deuxième volume de la tendance Noire de la nouvelle collection Vertiges, ce livre est un concentré de folie raisonnable.

Il tire son inspiration de « La théorie du chien oublieux » : Quand un chiot fait sur le tapis, on le prend par
la peau du cou pour lui plonger la truffe dans son méfait, afin qu’il constate, culpabilise et se souvienne.
Ce recueil tente de faire de même avec l’humanité ; maispar la peau du cul cette fois, tant elle est plus mal embouchée encore que le jeune chien. Alors, il ne reste qu’une solution : lui foutre le nez dans sa merde !
Précarité, solitude, inculture et désoeuvrement. Tels sont les thèmes abordés dans ces nouvelles, telles sont les causes. Via des personnages aussi bigarrés que dissemblables, mais qui, au banquet des losers, ont tous leurs ronds de serviette.

Leurs mésaventures sont pourtant liées par ces fléaux que sont le désert affectif ou la misère sexuelle. Malheurs qui tisonnent les ventres et déforment la logique, jusqu’à commettre les pires aberrations. Et puisqu’il faut des conséquences, en voici : la merde, la mort, le sexe, la pourriture. Beau constat pour une chouette époque…
Mais ne blâmez pas l’engeance, car les malheureux ont tous les droits.

Las d’évoluer dans un monde perdu, S. KORR a trouvé sa place dans la société en restant couché. « Je me
lève triste et m’endors en colère » résume assez bien les pensées que l’auteur rumine désormais depuis 37 ans entre Paris, Kyoto et la presqu’île de Crozon.

Source : Tabou Editions