Le sexe qui parle

11 novembre 2008
Article rédigé par Jerome

3


Joelle est mariée à un architecte très occupé par son travail. Elle ne le désire plus et se complait dans des situations embarrassantes. Elle fait des avances à une prostituée ou pire se retrouve à se masturber devant tout le monde lors d’une petite soirée entre amis.

Le couple découvre alors avec stupéfaction que le sexe de Joelle “parle”. En plus de cela, c’est un grossier personnage qui jure tout le temps et qui est sexuellement insatiable. Pour commencer, la foufoune qui parle l’incite à aller dans un cinéma porno. Là-bas, elle s’y fait prendre par deux hommes sur un urinoir ! Alors que le vagin doté de cordes vocales invite une ami pour une petit partie à trois, la psychiatre impliquée révèle l’affaire au grand public. Le fait divers fait sensation et le couple est bientôt traqué par la presse. Les deux se réfugient alors dans une maison de campagne. En discutant avec le sexe, le mari découvre le passé tumultueux de sa compagne.

Classique parmi les classiques, le sexe qui parle a été réalisé durant l’âge d’or du genre, les années 70. Très novateur, le film propose un concept original et un scénario solide qui s’en tient à ce concept, chose assez rare pour un film dit de cul. Par conséquent, l’histoire confine parfois au surnaturel, voire à la SF. On entend l’animateur radio dire que depuis qu’on a marché sur la lune, aucun événement n’avait suscité autant d’intérêt! Comme Joëlle ne peut plus contrôler son sexe, ce dernier parle quand il le veut, et principalement avec d’obcènes jurons. Quand il parle, avec une voix nazillarde de diablotin, c’est surtout pour donner des ordres à sa propriétaire ou faire des remarques désobligeantes.

L’histoire n’est donc pas un prétexte débile pour enchaîner les scènes de cul mais ces dernières arrivent tout naturellement. L’intrigue se laisse suivre presque comme un film “normal”. On retrouve bien sûr tout ce qui fait le charmes de seventies : gigantesques permanentes, fringues bariolés, lunettes de martiens, musique adéquate, et toison pubienne intacte.

La chatte qui parle n’est en fait que la traduction brute des désirs inavouables de la jeune femme. Question mise en scène, ça vaut le coup d’oeil également. Dans quelques scènes surréalistes, nous avons droit au point de vue vaginal, pour ceux qui se demandaient, par exemple, comment se passait un cunnilingus vu de l’intérieur !

Le film opère néanmoins quelques digressions un peu gratuites. Le sexe raconte en effet la jeunesse de Joëlle qui commence avec l’inceste de son père. Après un dépucelage rigolo opéré par un personnage de bois bien connu, la jeune fille n’aura de cesse de pervertir toutes les figures de l’autorité : prof d’école et curé. La fin du film laisse pantois et propose une véritable guerre des sexes au sens propre. Le mari pénètre violemment sa femme, histoire d’en finir une bonne fois pour toutes à coups de gland. Mais l’excellente chute est encore pire que le simple échec (je laisse la surprise à ceux qui ne connaissent pas).

Réalisé par Claude Mulot. 1975. Avec Pénélope Lamour, Béatrice Harnois, Sylvia Bourdon, Elle Earl, Jean-Loup Philippe.