Le corps de chasse, de Michel Ricaud

26 août 2008
Article rédigé par Jerome

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Vous vous rappelez sans doute du sketch des Inconnus sur les chasseurs, présentant ceux-ci comme des décérébrés alcooliques. Vous avez aussi peut-être vu ce chef d’oeuvre trash qu’est La Grande Bouffe. Le corps de Chasse réunit les deux éléments, enlève tout talent artistique et ajoute des scènes porno du plus mauvais goût.

Ca commence donc très fort avec trois hommes dévorant un festin à mains nues et vidant des bouteilles de rouge ou des bocks de bière en éructant d’abyssales insanités misogynes entre deux rots. On se demande si les dialogues ne sont pas improvisés. On se demande aussi si les acteurs sont réellement bourrés. Ce ne serait qu’à moitié étonnant. Le repas se termine en bataille de bouffe. “Dégueulasse” est le mot qui vient spontanément à l’esprit. Les convives finissent par uriner sur les victuailles et le tout nous est servi en gros plan.

Après 5 minutes de délire, nos chasseurs alcoolisés prennent leurs armes et tirent en premier lieu sur un avion. En général, l’introduction ou le contexte d’un film porno ne sert en fait que de prétexte à une succession de scènes de cul. Ici, il faut se coletiner 15 minutes de bêtise débilitante avant d’avoir droit à un peu d’action, ce qui est plutôt audacieux, d’autant que le film dure un peu moins d’une heure. On suit les chasseurs en forêt, comme dans un authentique documentaire, avec un flot ininterrompu de commentaires vulgaires comme seule bande sonore.

Un des chasseurs décide de faire bande à part et tombe sur une femme qui a embourbé sa R5 sur un chemin de terre. En échange d’un coup de main, le chasseur se propose de la violer sur le champ. Hormis le côté “vintage” du véhicule, tout cela est assez banal mais c’est sans compter la Ricaud touch. En effet, le chasseur décide de lui prendre le cul, je cite. Et pour se faire, il lui lubrifie l’orifice avec de l’huile de vidange prise dans la voiture. Suite une succession de positions scabreuses et dans une R5, c’est pas facile tout le temps.

On rejoint ensuite le film gore puisque notre chasseur se fait exploser les couilles par la demoiselle en panne. Il n’aurait pas dû laisser son fusil traîner. Mais grâce à l’absence de talent de l’acteur, ça n’a pas l’air de faire trop mal.

En manque d’idées scénaristiques, le récit emmène nos chasseurs aux putes. Ils ramènent ces dernières et “font la fête” avec une musique même pas digne d’un ascenceur. On enchaine sur des banalités pornographiques mais comme prévu, ça tourne au trash lorsqu’un des hommes enfile un cors de chasse (l’instrument hein) dans le derrière d’une fille et se met à uriner dedans. Sick ! Pervert ! Ca continue : les chasseurs s’habillent en dessous féminins, les prostituées sont des transsexuels, etc.

Le clou final du spectacle est une espèce de gang bang où la fille en panne se fait cracher, vomir et éjaculer sur le corps par quatre personne. Elle finira la tête explosée au fusil de chasse, toujours avec cette musique complètement pourrie. Michel Ricaud a réalisé là un chef d’oeuvre de finesse.

Avec Jacques Amont, Marie Christine, André Kay. 1982.