Long Jeanne Silver

6 juin 2008
Article rédigé par rico

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Une jeune femme prend son pied et le donne aux autres.

Traduisons en préambule le discours coquin de l’intéressée sur la bande-son du menu : « j’ai une plus grosse queue que John Holmes et Chéri, crois moi, je sais m’en servir ». Tout un programme en effet. Réalisé par Alex DeRenzy en 1977, sous l’apparence grossière d’un documentaire, Long Jeanne met en scène un handicap presque banal dans des situations fort peu banales. La belle Jeanne serait née sans pied gauche (c’est une version médicale que j’ai glané sur internet, alors prudence sur l’origine congénitale avancée d’autant qu’ailleurs, c’est un accident…). Ce qui est vérifiable de visu, c’est l’absence de pied gauche, avec présence d’un moignon à mi-hauteur de la jambe gauche. Voilà pour les présentations. Excellente initiative de nous ressortir ce freakshow associant pornographie et bizarrerie, cerise dont nous sommes tous friands surtout au vu de la quantité industrielle de X formatés. Craignant le pire au vu de ce moignon à la taille somme toute appropriée, des frissons parcourent notre échine incrédule lorsque l’appendice est longuement lubrifié jusqu’à s’introduire dans l’orifice. Orifice féminin ou tout-venant, car le scénariste ne s’arrêtera pas au premier effet choc du membre détourné mais en profitera pour satisfaire hommes et femmes. Les positions et le mouvement sont évidemment atypiques, jusqu’à perturber nos sens de voyeurs, habitués aux balancements de reins. Le mouvement fait ici plus penser à du pédalo qu’au classique ramonage. Sans compter les aptitudes toutes aussi surprenantes de la miss à se masturber nonchalamment avec ce qui lui reste de jambe. Vous avez dit bizarre ? En plan serré, on a la vision d’une trompe d’un éléphanteau (Dumbo, par exemple) en train de fouiner dans un terrier. Question scénar, c’est un peu le vide. Long Jeanne parle souvent à la caméra pour nous expliquer ce qui va se passer. Sur une musique à la CHiPs se succèdent des saynètes, volontiers en trio. La jeannette aime bien faire la surprise à ses futurs partenaires. A y réfléchir de plus près, elle précède les excès de la génétique et s’improvise le temps de quelques X crados, l’hermaphrodite quasi-parfaite. Maquillage bleu blanc rouge (yeux-joues-lèvres) de rigueur et d’époque.
A noter, Long Jeanne fut la copine de Sharon Mitchell et d’Annie Sprinkle.

Critique DVD
Des bonus très sympa. Alpha Blue nous gâte et semble respecter les premières décennies du X.

1/ Une galerie de photos. Long Jeanne y est exposée en long et en large. Certaines photos témoignent d’une activité de shows en live.

2/ Quelques scènes « coupées ». Je n’ai pas trop compris les raccords, mais il y a une scène de sadisme assez violente. Un bon quart d’heure de trash en plus.

3/ 6 trailers, assez longs, ce qui en fait quasiment des courts …
« Prisoner of Pleasure ». Un film de Jack Hammer. On y retrouve notre Long Jeanne, inépuisable.
« Dominatrix without mercy ». Le ton est résolument S.M., avec des scènes de fouet, d’humiliation, d’urologie.
« Hot Summer in the city». Black sex exploitation. Très chaude !
« Story of Joanna » de Gérard Damiano (gorge profonde). Du plan gynéco furieux pour un classique du X.
« Sadistic 70s » un trailer de plusieurs films proches du sujet, parfois teintés d’horreur.
« Teenage lust » pour les amateurs dirons nous pudiquement, d’amours immatures. De jeunes femmes se trémoussent nues devant la caméra. Elles se bisoutent. Vont-elles plus loin ? Avec qui ? Je n’en sais rien. Les archives d’Alpha Blue méritent en tout cas d’être explorées.

Réalisateur : Alex deRenzy
Acteurs : Amber Hunt, Annie Owens, Long Jeanne Silver
Année : 1977
Ecran : 1.33.1 Plein écran
Langue : Anglais
Durée : 65 mn
Region : All
Format : NTSC