Tôkyô no ko

19 avril 2008
Article rédigé par Jerome

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Fred boot, plus spécialisé dans les arts graphiques, s’est essayé au récit avec ce recueil de deux nouvelles se déroulant dans la capitale du Japon.

La première conte l’histoire d’un homme qui est sur le point de se suicider. Mais au cours d’une dernière nuit d’errance, il va faire la rencontre d’une mystérieuse femme double au cours d’une performance.

La deuxième histoire met en scène un jeune couple qui vient à la rencontre d’un vieux réalisateur de Pinku Eïga. Ce dernier fait alors des avances à la femme.

Le style est fluide, séduisant, suave et c’est surtout l’ambiance de Tôkyô que l’on ressent avec plaisir, notamment dans la première nouvelle. Le plaisir de se perdre, de s’autodétruire dans l’alcool et le sexe. Pourtant, l’érotisme n’est pas au centre des deux récits mais les quelques spécificités nippones ont été très bien assimilées par l’auteur.

 Auto-éditée, cette initiative vaut le détour pour peu que l’on s’intéresse à cet étrange Japon. On regrettera juste que ce soit un peu court.

Extrait :

“L’ambiance ici était bien différente. L’éclairage, plus chaleureux, se confondait avec celui des néons extérieurs.

Plusieurs messieurs dégarnis le regardaient avec suspicion. Pour se donner un peu de contenance, il alluma une Coolmint et se tint coi devant une grande vitre au centre de la pièce. Une forte lumière l’aveuglait, il se déplaça de côté, et vit sur la vitre un sexe de femme géant.

Derrière cette projection se tenait une jeune Japonaise décoiffée, entièrement nue, les mains posées vers l’avant. Tous attendaient.

Enfin, un jet d’urine assez violent coula entre ses jambes. L’image projetée répercuta le débit, troublant les deux fines lèvres couleur rose passé et l’artiste elle-même.

On n’entendait que le bruit léger et insistant de la pisse tombant en cascade sur le sol. Ce pur moment de beauté et d’intimité le bouleversa.

La jeune femme, dont le sexe surdimensionné formait comme une cicatrice qui la séparait en deux, redevint nette. Quelques applaudissements polis se firent entendre. Quelqu’un lui tendit un peignoir dont elle s’habilla pour rejoindre les invités.”

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