The 4th life, film indépendant canadien

Deux jeunes femmes s’embrassent langoureusement à demi-nues sur un lit. Des flashbacks désordonnés nous conte l’histoire des deux amantes. Caz, la brune, s’est échappée d’un asile pour criminels. Maire, la blonde, tient un magasin d’antiquités.  Qui sont-elles vraiment et qu’est-ce qui les lie si intimement ? Le film ne dévoile le mystère que progressivement.

Envoûtant et suave sont deux adjectifs qui collent parfaitement au film du réalisateur canadien François Miron. Tourné en langue anglaise, l’esthétique feutrée ressemble à du David Lynch. Mais Miron reste indépendant et créé son propre monde, un univers où le saphisme est la norme, sur fond de thriller, et avec quelques escapades surréalistes.

Déformations, jeux de reflets et de flous, palette de couleurs étonnantes, objectif grand angle, the 4th life flatte l’oeil et les sens, nous titille avec de l’érotisme, au sens noble du terme. Les actrices ne sont pas des bombasses siliconnées mais elles ont beaucoup de charme. La caméra, toujours en lent et doux mouvement, caresse leur corps en prenant le temps. Miron montre la beauté de la chair, à la fois simple et puissante. Mais en même temps, on trouve des scènes qui inspirent la répulsion. L’appartement familiale où vivait Caz durant sa jeunesse est un capharnaüm rempli de crasse. Marie croise un clochard lors son voyage et sa nourriture est difficilement identifiable.

La bande sonore rappelle également le père Lynch. Des bruits sourds, mis à l’envers, bidouillés, triturés, tendent à instaurer une atmosphère mystérieuse dans laquelle il fait bon se perdre. Miron n’a pas à rougir de la comparaison. Il sait imposer son style.

Le film propose une trame de road movie. La plantureuse blonde fréquente sort de son magasin pour rejoindre un richissime antiquaire. Pour ce faire, elle doit fréquenter des endroits crados. D’abord un train de frêt en compagnie d’un SDF puis un hôtel miteux avec un réceptionniste paranoïaque et armé. A partir de là, les événements étranges se succèdent. Une bande de terroristes locaux, une petite amie hargneuse qui laisse des cadavres derrière elle. On se demande ce qui se passe jusqu’à la fin qui tombe presque dans un total délire. Entre temps, nous remontons le passé pour découvrir l’événement traumatisant qui a donné naissance à la relation entre Marie et Caz.

Difficile d’en dire plus sur ce film assez particulier. On retiendra surtout la réalisation très sensuelle. François Miron a le don de mettre en scène avec talent des ambiances bizarres et hypnotiques, et de pratiquer un humour noir tout en restant sérieux sur le fond. A suivre !

Pays : Canada. Année : 2006. Réalisé par François Miron. Avec Janet Lane, Andrea Sheldon.

 

 

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