L’attrape-corps chez la Musardine

9 octobre 2007
Article rédigé par Jerome

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L’attrape-corps, une collection de sciences humaines sur les enjeux liés au corps et à la sexualité

Blogs érotiques, films pornographiques amateurs, performances artistiques ultra-trashs, témoignages télévisés plus ou moins authentiques… On pensait avoir tout vu, tout lu et tout entendu sur le sexe : ce qu’on osait demander et même ce que l’on ne voulait pas forcément savoir. Et pourtant, les nouvelles modalités de l’érotisme, la redistribution des cartes du tendre ou du genre, les enjeux liés au clonage et à l’homoparentalité nous invitent désormais à aborder la question sexuelle sous un jour nouveau.

La révolution sexuelle nous avait promis de supprimer tous les interdits. Mais, à en juger par les récents débats autour de la prostitution, de la pornographie et la sévérité croissante de la répression des infractions sexuelles, ce fantasme permissif semble avoir fait long feu. Dès lors, comment délimiter les frontières entre ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas, tout en préservant la sphère privée et les libertés fondamentales en matière de pratiques sexuelles ?
Dès sa création il y a sept ans, « L’attrape-corps » s’est attaché à interroger la modernité par le biais de l’érotisme. Aujourd’hui, notre collection décide de s’engager dans le combat pour la liberté d’expression et contre la panique morale. Il ne s’agit pas d’envisager le sexe comme une chose répugnante ou de le sacraliser, de le surinvestir ou de nier son rôle en tant que lieu où se jouent certains rapports de pouvoir, mais bien de le dédramatiser pour en faire un objet de réflexion au même titre que d’autres comportements sociaux. Laboratoire d’idées, « L’attrape-corps » entend donc proposer un panorama des problématiques autour de l’exercice de la liberté sexuelle, via des essais engagés et exigeants mais toujours accessibles. Pamphlets, témoignages, traductions inédites, mise au jour de textes anciens méconnus, nos essais sont lisibles par tous, curieux ou érudits. Et si à leur lecture d’aucuns se sentent parfois dérangés, c’est que nous revendiquons
la liberté de faire rougir et parfois même de bousculer.

Sarah Chiche, directrice de collection,
octobre 2007

La Musardine