Alien Sex Party

10 octobre 2007
Article rédigé par Jerome

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Si vous cherchez un film top délire pour passer un moment humoristique, celui-ci fera l’affaire. Attention tout de même, c’est du vrai film rigolo, certaines scènes nécessitent des zygomatiques bien musclés. Mais derrière cette vitrine légère sa cache la trame d’une histoire de science-fiction, et un plaidoyer pour la liberté des pratiques sexuelles diverses et variées.

Joe hérite du sex-shop de sa sœur. Il a l’air d’un vieux garçon, coincé, habillé dans un style dépassé : en résumé, le vendeur parfait dans un sex shop. Pour pallier à ses handicaps naturels, il a deux phrases : ” OK… ” et ” Tina “.
La première est vraiment très comique et correspond bien au physique du personnage. Il vous faudra l’entendre pour comprendre.
La deuxième chose qu’il prononce le plus est le nom de la jeune vendeuse qui travaille pour lui. Elle n’a pas de problème pour montrer aux gens (aux hommes comme aux femmes) comment on utilise le matériel. Elle est prête à monter sur le comptoir, un gode-ceinture autour de la taille, pour montrer comment se déhancher afin de bien utiliser cet appendice artificiel. Joe appelle donc souvent Tina à la rescousse car il est nouveau dans le métier et ne possède pas encore toutes les ficelles.

Tina est une fille assez normale, un peu dejantée sur certains plans, mais pas vraiment folle. Et c’est la seule à être à peu près normale. Ses amis les gardiens de la sécurité du magasin, sont de véritables phénomènes.. On ne les reconnaît pas tout de suite d’ailleurs. Ce n’est qu’une fois que Joe leur rappelle qu’il les paie pour assurer la sécurité que l’on comprend qu’ils n’étaient pas simplement des amis venus leur tenir compagnie.
Ils assurent plusieurs péripéties mémorables (dont le moment le plus hilarant de la saison, une imitation assez peu respectueuse de pauvres gens nés handicapés, dont je ne peux pas parler ici, pour vous laisser la surprise).

Des aventures ridicules et des personnages grotesques se suivent dans le sex-shop. C’est à se demander d’où ils sortent tous, ce soir de Noël.
Tous ces gens très bizarres viennent au sex-shop pour demander des produits et des conseils assez bizarres aussi. Mais au fur et à mesure, les demandes paraissent moins choquantes, aussi inhabituelles soient-elles. On s’habitue à la bizarrerie.
C’est peut-être pour cela que Tina nous paraît normale au début par rapport aux autres. On la découvre de mieux en mieux au fur et à mesure que les personnages défilent. Elle n’a pas de mal à parler de toutes ces choses, de ses expériences et émotions. Finalement, celle qui nous paraissait la moins dévergondée semble avoir essayé pas mal de choses, comme l’amour avec une copine. Et elle en parle le plus naturellement possible, contrairement à ses amis qui sont gênés et choqués, malgré leur grandes gueules.
Nous l’avons découverte comme symbole de normalité au milieu des autres, nous découvrons au fur et à mesure qu’elle est la représentante de ces choses bizarres qui, en fait, pourraient et devraient être normales.
Cette fille ” normale ” nous montre que ces gens ” bizarres ” (et leurs pratiques) ne le sont pas tant que ça.

Le clou de la soirée est la star féminine du porno qui doit venir signer des autographes à minuit. Tout le monde l’attend. Et quand elle arrive, tout le monde fait la queue (sans jeu de mot) pour lui poser des questions plus ou moins intéressantes. Tina lui demande comment elle fait pour être toujours bien rasée. Une question honnête de la vraie Tina, l’actrice, comme on l’apprend dans les commentaires du film. D’ailleurs tous les personnages de ce film portent les prénoms de leur interprètes. Un film tourné dans une ambiance amicale donc, pour un résultat très sympathique.

J’en ai déjà trop raconté, mais il y en encore tellement à dire. Il y a des ” guest appearences ” de Moby le producteur du film (mais il ne porte pas son vrai prénom), des concerts, des sorties en ville, de la science-fiction, un père de famille à la recherche de cadeaux de Noël pour sa famille, des épisodes de comédie musicale sexuelle.

D’ailleurs voici quelques vers d’une chanson à connaître absolument par cœur : ” You can have sex with anything you want ” :
You can have sex with anything you want
Anything you want at all
A pickle… or the jar
With a tunnel… or a car
With a doctor… or a corpse
A cow-boy… or a horse
A horse, a horse, anyone can fuck a horse of course.

Toutes les chansons du films sont à tendance sexuelle et sont disponibles en bonus. Certaines avec leurs clips vidéos qui valent le détour. On y trouve par exemple des marshmallow et des rouleaux de papier toilettes en train de courir dans le champs. Les pistes kitsch de Shaugummi sont dignes de Rammstein ou de nos groupes favoris des années 80. Les clips sont intéressants à voir pour leur esthétique et leur montage.

On parle beaucoup de sexe, d’objets sexuels, de films sexuels, d’actes sexuels. Il faut avoir un certain vocabulaire pour suivre cette VO non sous-titré. Mais ça ne verse pas dans le vulgaire. Si vous voyez ça comme vulgaire, c’est que vous êtes dépassé, que vous ne vivez pas avec votre temps. C’est ce que le film veut vous dire.

Ha oui, avant de terminer, je voulais aussi dire qu’il y a ” Alien ” dans le titre du film. Vous en saurez plus quand vous l’aurez vu.

Ce film vous permettra de trouver bon petit moment de rigolade, c’est parfois un peu con, parfois très débile, mais une fois arrivés à la fin, vous ressentirez peut-être le besoin de le revoir. Pour comprendre certaines choses que vous n’aviez pas vu sous le bon angle ou pour en découvrir qui vous avaient échappées.

Didier