Romance, de Catherine Breillat
Publié le 6 mai 2008 par jerome
Catherine Breillat s’interroge sur la sexualité féminine, et notamment son sens profond. Elle met en opposition le visage fin et charmant de son héroïne, interprétée par Caroline Ducey, avec son sexe, zone érogène sombe et humide, quasiment anxiogène. Breillat ne comprend pas pourquoi dans les rapports sexuels, la femme s’en trouve généralement dégradée. En résulte un film rempli de contradictions, les mêmes qui constituent les relations entre hommes et femmes.
Marie, jeune femme délaissée par son compagnon, tente de renouer avec le désir en ayant des expériences sexuelles avec d’autres hommes.
Romance avait créé la polémique à l’époque principalement à cause de la présence de Rocco Siffredi au générique. La plus célèbre star du X, juchée sur sa turgescence titanesque, trouve là un rôle dans un film mainstream : coup de pub ou revirement de carrière ? Le premier assurément lors de la sortie du film. Une fois passé le coup d’éclat, on remarque que Rocco s’en sort en fait plutôt bien. Il confirmera cela en jouant dans un autre film de Catherine Breillat, encore plus cryptique : anatomie de l’enfer.
Mais outre les élucubrations pas toujours claires de la réalisatrice, Romance est avant tout un film rince-l’oeil pour nous, les pervers polymorphes. Ca commence par une mignonne fellation qui ne fait pas beaucoup d’effet sur Sagamore Stevenin, l’interprète du petit ami de Marie.
Breillat dresse un portrait de la sexualité féminine mais cela reste son point de vue très personnel. Marie se complaît alors dans divers comportements déviants. Entre autres, elle devient un sujet de travaux pratiques pour une bande d’étudiants en gynécologie.

Au détour d’une ruelle, elle attire un inconnu dans les escaliers, qui lui fait un cunnilingus suivi d’une blitz-pénétration.

Ensuite, viennent les fantasmes. Une sorte de glory hole inversé où les hommes besogne des corps sans tête. Bref, c’est à chaque fois le même thème : la désincarnation de la femme en tant qu’être humain. Souvent dans ses films, les femmes éprouvent un besoin irrépressible de devenir un objet sexuel.
Plus technique et plus esthétique, Marie va voir son directeur, qui n’est autre qu’un adepte de bondage, des jeux de cordes et de ligotages complexes. L’appartement de l’homme présente des couleurs très chaudes, contrairement à l’appartement de Marie, d’une blancheur immaculée et artificielle. L’amateur de japonaiseries médiévales est joué par l’excellent François Berléand.

La fin du film laisse pantois, un revirement de situation comme seule Breillat sait les faire. Le rythme lent est rompu par une explosion, une naissance et une mort, un grand final au symbolisme fumeux; mais pourquoi pas.
Ci-dessous, la fameuse scène qui fait jaser : la rencontre entre un acteur du X venu jouer à l’acteur et une comédienne venue faire actrice de X… Soi-disant la scène n’était pas simulée. Je demande à voir l’analyse ADN du condom.

Romance X est disponible en dvd chez Montparnasse Editions.
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La revanche du clitoris, de Maïa Mazaurette et Damien Mascret


L’Homosexualité au cinéma 
L’exemple de hentaï le plus symptomatique incluant de la pornographie tentaculaire est le fameux Urotsukidoji. Nous sommes ici bien loin de toute rêverie érotique féminine puisque l’animé fait la part belle aux scènes hardcores avec violence extrême, monstres dégénérés et bizarroïdes, et comportements sexuels déviants. L’utilisation du tentacule permet ici surtout de contourner la censure japonaise, alors très stricte à l’égard des organes sexuels et des toisons pubiennes. Rappelons que l’animé date de 1987 (déjà!) et que même aujourd’hui, il n’a rien perdu de sa violence graphique. Il existe deux versions du film, une clean et une non censurée. Cette dernière contient quelques gros plans furtifs lorsque ça chauffe. Cela reste stylisé et un peu flou. Pas absolument indispensables, ils renforcent néanmoins l’ambiance malsaine qui règne tout au long du film.


Le reste de l’oeuvre suit toujours le même schéma tout en innovant à chaque fois et en repoussant un peu plus les limites du montrable. Un peu de romance entre Akemi et Nagumo, Ozaki devient un monstre géant incontrôlable, Akemi sert de jouet sexuel pour à peu près tout le monde et le couple de mutants Megumi/Amano se démènent pour éviter que les monstres sèment trop la panique.

Le début des seventies, années des premières comédies paillardes de Davy, est un grand mouvement de liberté. Le réalisateur aime rappeler combien la culture musicale et cinématographique répondaient à d’autres normes que celles d’aujourd’hui, notamment en citant l’exemple amusant du groupe big bazar au sein duquel tous les artistes, de Michel Fugain au dernier des danseurs inconnus, étaient sur le même plan, tous également rémunérés. Concept difficilement imaginable aujourd’hui. Nous étions bien dans l’épanouissement de l’après 68. Un film comme Bananes mécaniques reste pour son auteur un grand moment de liberté, de spontanéité, de naturel. Davy use d’un certain style, dont il reconnaît quelques emprunts à Lelouch, comme de continuer de filmer après les coupez ! Ou de donner aux acteurs le texte au dernier moment. Il n’hésite pas non plus à parodier certains classiques comme les films de Leone ou L’aventure c’est l’aventure … Reconnaissant volontiers que sa série de films paillards n’est pas vraiment excitante, Davy souscrit aux effets de style de l’époque en terme d’érotisme, souvent retrouvés dans le genre : gymnastique kamasoutra, rebondissements aussi inventifs que possibles… Tout ou presque, étant dans le rythme.



Catherine Breillat n’est guère aimée en France. Ses films sont assez souvent hermétiques, et l’on prend les images crues qui émaillent ses oeuvres pour de la provocation gratuite. Il est vrai que les propos de la réalisatrice sont rarement clairs. En même temps, comment serait-il possible de décrire la sexualité féminine de manière simple et exemplaire ? Elle se contente donc de poser des questions, donner des indices, et offrir sa vision très personnelle et torturée du rapport au corps, à la chair, au sexe. Breillat pratique également un cinéma quelque peu féministe. Les hommes ont une place de figurant mais pas dans le but de les mettre à un niveau inférieur; simplement ils ne sont pas ici le sujet central. Le point de vue offert est donc délibérément subjectif. On reproche également à l’auteur de tirer des généralités mais ce n’est que le public et les critiques qui déduisent cet état de fait. Les histoires de Catherine Breillat raconte, n’ont pas vocation à être universelles. Bien au contraire, une sexualité est unique pour chaque être et s’il y a des racines communes, les interrogations philosophiques de la réalisatrice ne sont pas des leçons. Le seul reproche que l’on pourrait lui faire est d’intellectualiser à outrance la sexualité jusqu’à parfois faire de l’étude clinique, munie d’un microscope. Breillat ne prend en effet jamais la sexualité au premier degré comme un besoin naturel teinté de romantisme. Elle veut comprendre, disséquer, étudier, bousculer, mais n’arrive et n’arrivera jamais, malgré des angles d’attaque différents, à faire le tour de la question.











Qu’est-ce qui faisait bander nos aïeux dans les années 50 ? Je vous l’accorde, c’est une question que l’on se pose assez rarement. De nos jours, la vidéo et le dvd de cul est devenue une industrie et que ce soit par correspondance ou dans n’importe quelle borne de vidéo club, les produits semblent sortir d’une corne d’abondance. Mais qu’en était-il il y a cinquante ans quand ni cassette vidéo ni dvd existaient ? Le seul support disponible était alors le film, la vraie pellicule, celle du cinématographe. On connaît bien le porno des années 70, particulièrement virulent en France et exclusivement visible dans les cinémas à l’époque. Eh bien dans les années 50 il n’y avait pas grand-chose, mais quelque cochons ont quand même tourné des films très explicites et c’est ce que nous fait découvrir l’éditeur américain Cult Epics avec ce dvd.